Réunie à Paris du 12 au 16 octobre 2026, l’Assemblée des Français de l’étranger a installé sa nouvelle mandature. Au-delà de son organisation interne, cette session a permis de préciser plusieurs orientations gouvernementales sur l’enseignement français à l’étranger, le budget et la protection sociale. Des annonces qui doivent désormais se traduire concrètement pour nos compatriotes.
Une nouvelle Assemblée au service des Français de l’étranger
Après les élections consulaires des 30 et 31 mai 2026, puis le renouvellement des membres de l’AFE les 27 et 28 juin, cette première session avait d’abord pour objet l’organisation interne de l’Assemblée : élection du président, des vice-présidents et du bureau, constitution des commissions et adoption des règles de fonctionnement.J’adresse mes félicitations à Baptiste Heintz, nouveau président, ainsi qu’aux vice-présidents et aux membres du bureau. Je leur souhaite de réussir dans leur mission au service de nos compatriotes.Je reste toutefois surprise par l’alliance entre la gauche, incluant La France insoumise, des élus issus des Républicains et le groupe des Indépendants pour la répartition des postes au sein de cette nouvelle Assemblée. Le dialogue entre sensibilités est indispensable ; un tel accord entre des formations qui s’opposent aussi fortement sur le fond interroge néanmoins sur sa cohérence politique. Cette nouvelle Assemblée devra désormais se retrouver autour de sa mission essentielle : défendre les droits et les intérêts des Français établis hors de France.
AEFE : une réforme à préciser, des crédits à mobiliser
La réforme de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger figure parmi les chantiers prioritaires du gouvernement. Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, a confirmé sa poursuite, confiée au nouveau directeur général de l’Agence, Alexandre Morois.
Gouvernance, détachement des enseignants, financement des pensions civiles et adaptation aux réalités locales figurent parmi les sujets évoqués. La ministre distingue les contributions supplémentaires déjà demandées aux établissements de la réforme globale, encore en préparation. Pour les familles, l’enjeu reste de connaître les conséquences des décisions à venir sur les frais de scolarité, la qualité de l’enseignement et la présence de personnels titulaires.
C’est dans cet esprit que je poursuis mes démarches sur les 7 millions d’euros supplémentaires obtenus pour l’AEFE dans le budget 2026, grâce à un amendement que j’ai défendu avec mes collègues députés des Français de l’étranger. Ces crédits doivent contribuer à compenser la hausse des cotisations de pensions civiles et à limiter les charges répercutées sur les établissements et les familles.
Dans le prolongement de notre courrier collectif du 27 janvier, j’ai saisi depuis la rentrée, le ministre chargé des Comptes publics pour connaître les sommes effectivement mises à disposition de l’Agence, leur affectation et leur utilisation. J’ai également sollicité le directeur général de l’AEFE pour mobiliser un soutien exceptionnel au bénéfice d’un établissement confronté à des difficultés financières. Les crédits obtenus doivent produire un allègement tangible pour le réseau et les familles.
Budget 2027 : des moyens à préserver dans la durée
Les éléments présentés pendant la session prévoient 166,7 millions d’euros pour le programme 151 « Français à l’étranger et affaires consulaires », en hausse principalement en raison de l’organisation de l’élection présidentielle de 2027. Les bourses scolaires seraient maintenues à 103,65 millions d’euros, auxquels s’ajouteraient 2,5 millions d’euros pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Les aides sociales directes atteindraient 15,36 millions d’euros, contre 14,33 millions en 2026. Le soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) serait également reconduit.
Ces orientations restent soumises à l’examen et au vote du Parlement. Dans un contexte de hausse des frais de scolarité et de difficultés persistantes pour certaines familles, préserver les enveloppes est nécessaire, mais il faut aussi veiller à ce qu’elles permettent de répondre aux besoins. Je serai attentive à leur traduction dans le budget adopté, puis à leur mise en œuvre.
CFE, handicap, démarches : des réponses encore attendues
L’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) a également été abordé. Les élus ont interpellé le gouvernement sur son équilibre financier et le financement de sa mission de solidarité.
Mobilisée sur ce sujet dès 2024 à travers plusieurs initiatives, je suis attentive aux suites de la réflexion interministérielle engagée après la publication du rapport IGAS-IGF en juin 2026. Celle-ci porte notamment sur la catégorie aidée, qui permet aux adhérents disposant de ressources modestes de bénéficier d’une cotisation réduite. Ces travaux doivent alimenter la convention de partenariat 2027-2030. À ce stade, les informations présentées ne font pas état d’un plan de financement définitivement arrêté. L’enjeu demeure de garantir la pérennité de la Caisse tout en préservant l’accès aux soins des plus modestes.
Sur les autres dossiers, la ministre a indiqué que le projet de loi consacré aux Français de l’étranger ne devrait probablement pas trouver sa place dans le calendrier parlementaire. Certaines mesures seraient donc poursuivies par voie réglementaire ou intégrées à d’autres textes, notamment pour faciliter l’accès à une maison départementale des personnes handicapées en France et améliorer la reconnaissance des permis de conduire.
Sur tous ces sujets, je reste mobilisée pour que les annonces se traduisent par des avancées concrètes dans votre quotidien.