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L’Europe et la France sont-elles en train de sortir de l’Histoire ?

Le 3 janvier 2026, les forces spéciales américaines capturaient Nicolás Maduro à Caracas, avant de le transférer pour être jugé à New York. Ce coup de force signe un nouveau tournant : le basculement du monde reposant sur la loi du plus fort. 

En France, le débat s’est aussitôt centré sur le droit, les principes, les valeurs. C’est noble. Mais dans un monde devenu jungle, est-ce encore pertinent, si nous ne sommes pas capables de défendre nous-mêmes notre droit, nos principes, nos valeurs ? 

Depuis 2022, une guerre d’invasion se déroule en Europe. Tous les services de renseignement annoncent un choc stratégique majeur avant 2030. Cet été, le Moyen-Orient s’est embrasé. L’armée populaire de Chine multiplie les incidents et les provocations en Mer de Chine. L’administration Trump réactive ses ambitions sur le Groenland, territoire danois, en évoquant son annexion pour « sécuriser l’Arctique ». C’est l’ère des prédateurs ! 

C’est désormais la stratégie américaine qui est la plus déstabilisante. Certains l’appellent déjà la “Donroe Doctrine”, reposant sur une idée brutale et néocoloniale : la souveraineté n’est plus un droit universel, mais un privilège réservé aux puissants, un impérialisme qui s’autorise tout. Les autres devront se contenter d’une souveraineté sous tutelle. La question est donc posée : sommes-nous prêts à défendre la nôtre ? 

Car pour l’heure, l’Europe reste paralysée. Enfermée dans ses normes, ses procédures, son juridisme. Incapable de penser en termes géopolitique. Depuis 70 ans, elle vit sous le parapluie américain, confondant sécurité garantie et confort. Mais César veut désormais son tribut. Et il ne négocie pas : il impose. 

Pendant ce temps, la France s’abîme dans l’insignifiance. On débat de fiscalité créative alors que nos industries ont besoin d’un choc de compétitivité. On s’enlise dans des réformes de retraite homéopathiques pour maintenir à flot un système en faillite. On persiste à raisonner comme si notre déclin démographique était une abstraction, comme si la contraction de notre population active n’appelait à aucune révision structurelle. Et l’on s’accroche à un modèle de dépenses publiques en expansion permanente sans jamais s’interroger sur sa soutenabilité. Pendant que les grandes puissances investissement massivement dans l’armement, l’intelligence artificielle, le cloud, la conquête spatiale. La Chine multiplie les brevets, verrouille les routes maritimes, les ports, les câbles. La Russie teste nos lignes rouges combinant pression militaire, chantage énergétique, cyberattaques et désinformation. Les États-Unis redessinent les rapports de force à coups de sanctions, de droits de douane, de drones et de deals bilatéraux. 

Et nous ? Nous commentons. 

Nous espérons que l’invocation du multilatéralisme suffira. Nous parlons comme si l’Histoire n’était plus tragique. Mais la férocité du monde, qui n’avait pourtant jamais disparue, revient frapper à notre porte. Ainsi, ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement notre sécurité. C’est directement notre liberté. Sans puissance, il n’y a ni respect, ni influence, ni souveraineté. Sans réarmement stratégique, industriel, technologique, culturel, nous serons condamnés à choisir entre vassalité douce ou soumission forcée. 

À plusieurs reprises dans son Histoire, la France a su reprendre son destin en main. Le général de Gaulle l’a fait : redressement économique et financier, souveraineté stratégique, dissuasion nucléaire. C’était un acte de volonté, de lucidité, de courage. C’était une vision. 

Aujourd’hui, nous devons retrouver cet esprit. Sortir du confort intellectuel. Cesser d’être une société de droits pour redevenir une République de devoirs. Accepter que la paix soit un équilibre, pas un acquis. Comprendre que la souveraineté se décide, se construit, se finance, se défend. 

Cela suppose un sursaut politique et citoyen, au-delà des clivages partisans. Il ne s’agit plus de droite ou de gauche. Il s’agit de rester libres. 

Les forces politiques et les Français qui croient encore en l’avenir de la France doivent se rassembler. Non pour une échéance électorale, mais pour répondre à l’urgence historique. 

Réarmer nos volontés, nos esprits, nos armées, nos industries. Renouer avec l’idée que notre destin dépend d’abord de nous. Il est minuit moins une. Et nous n’aurons pas de seconde chance.