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Neutralité carbone : une stratégie claire pour 2035 et au-delà

Le 13 février 2026, la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publiée. Elle fixe la stratégie énergétique de la France jusqu’en 2035. Avec la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), elle constitue la colonne vertébrale de notre action pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Derrière ces sigles techniques, il y a une ambition simple : garantir notre souveraineté énergétique, protéger le pouvoir d’achat des Français et préparer l’avenir de nos enfants.

PPE et SNBC : les deux piliers de notre stratégie climatique

Depuis la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la France s’est dotée de deux outils structurants :

  • La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui fixe pour dix ans les priorités d’action dans le domaine énergétique. Elle donne un cap clair pour l’ensemble des filières : nucléaire, renouvelables, gaz, hydraulique, etc.
  • La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui définit la trajectoire de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050, avec des “budgets carbone” à ne pas dépasser tous les cinq ans.
Ces outils ne sont pas des documents technocratiques. Ils sont le cadre qui nous permet de tenir nos engagements internationaux, notamment ceux pris lors de l’Accord de Paris, et d’inscrire notre action dans la dynamique européenne du Pacte vert.

Notre objectif est clair : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, c’est-à-dire équilibrer nos émissions avec la capacité de nos écosystèmes et de nos technologies à les absorber.

La PPE3 : souveraineté, décarbonation, compétitivité 

La PPE3 marque un tournant stratégique. Elle repose sur trois priorités : souveraineté énergétique, neutralité carbone et compétitivité des prix.Aujourd’hui, 60 % de notre consommation énergétique repose encore sur des énergies fossiles. L’objectif est d’inverser cette proportion et d’atteindre 60 % d’énergie décarbonée dès 2030.

Pour y parvenir : 

  • Accélération des renouvelables : développement de l’éolien en mer, du photovoltaïque, de l’hydroélectricité. Pour l’éolien terrestre, priorité à la modernisation des parcs existants afin de limiter l’impact paysager.
  • Relance du nucléaire : conformément aux orientations annoncées à Belfort en 2022, six nouveaux réacteurs EPR2 seront construits, avec une mise en service prévue à partir de 2038, et la possibilité d’en ajouter huit supplémentaires. La prolongation du parc existant est également prévue.
  • Développement des énergies de substitution : biométhane pour réduire la dépendance au gaz importé, hydrogène décarboné, chaleur renouvelable (géothermie multipliée par cinq d’ici 2035), biocarburants pour l’aérien et le maritime.
La PPE3, c’est aussi un projet industriel. À l’horizon 2030, elle pourrait générer plus de 120 000 emplois supplémentaires : 50 000 dans le nucléaire, 38 000 dans le photovoltaïque, 28 000 dans l’éolien en mer.Enfin, cette trajectoire sera maîtrisée pour les finances publiques, avec une meilleure responsabilisation des producteurs et une baisse progressive de la dépense budgétaire consacrée aux renouvelables à horizon 2040.

Un plan national d’électrification pour changer d’échelle

Dès le printemps 2026, un plan national d’électrification sera déployé, avec des groupes de travail associant industriels, artisans, collectivités et experts. L’objectif : réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées. 

Plusieurs mesures concrètes accompagneront les Français :

  • Prolongation des aides aux pompes à chaleur, avec des critères favorisant les équipements assemblés en Europe ;
  • Maintien des dispositifs de soutien à l’achat de véhicules électriques, y compris le leasing social pour les ménages modestes et ruraux ;
  • Accélération des infrastructures et des solutions adaptées aux secteurs difficiles à électrifier.
La SNBC3 : accélérer pour tenir le cap de 2050

Présentée en décembre 2025, la troisième Stratégie nationale bas-carbone fixe un objectif ambitieux : –50 % d’émissions de CO₂ d’ici 2030. Cela implique d’augmenter le rythme de réduction à 5 % par an, contre 2 % entre 2017 et 2022. Tous les secteurs sont concernés : transports (premier émetteur), logement, agriculture, industrie, production d’énergie. La SNBC3 prend également en compte les émissions liées à nos importations, pour éviter toute délocalisation carbone.Cette transformation est exigeante. Elle suppose constance, clarté et justice sociale. Elle suppose aussi un récit collectif : celui d’une France qui choisit l’innovation plutôt que le renoncement, l’indépendance plutôt que la dépendance, la responsabilité plutôt que l’inaction.

La transition énergétique n’est pas une option

Elle est une nécessité climatique, un impératif stratégique et une opportunité économique. Atteindre la neutralité carbone en 2050, c’est à la fois préparer un avenir durable pour nos enfants et c’est renforcer notre souveraineté.

C’est un choix de lucidité, de responsabilité et confiance en l'avenir !