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Budget 2026 : tenir le cap, résister à la facilité fiscale, préparer l’avenir

La version finale du budget 2026 est désormais connue. Dans un contexte de tensions géopolitiques durables, de ralentissement économique mondial et d’instabilité politique intérieure, nous avons fait le choix de la responsabilité. 

Ce budget n'est pas parfait mais il permet à la France de tenir bon. 

Il a été amélioré par un travail parlementaire exigeant de mon groupe politique, qui a consisté non pas à empiler les taxes, mais à résister à la facilité fiscale pour préserver à la fois les Français et notre économie. 

Car il faut le dire clairement : ces débats budgétaires ont souvent pris la forme d’un véritable concours Lépine de la fiscalité, où chaque difficulté appelait une nouvelle ponction. À cette logique de court terme, nous avons opposé une ligne de cohérence et de responsabilité. 

Pour autant, je ne peux me satisfaire pleinement de cette situation. La configuration politique actuelle ne permet pas d’engager les réformes de fond dont notre pays a besoin. Nous ajustons, nous colmatons, nous arbitrons… mais nous ne transformons pas. Or notre modèle social, dans sa forme actuelle, n’est plus finançable à long terme, alors même que nous devons investir massivement dans l’éducation, la recherche, l’innovation et la défense. C’est pourquoi je continuerai à plaider pour un changement de paradigme : repenser notre modèle budgétaire, sortir de la logique de l’impôt réflexe, et redonner à l’État une véritable vision stratégique.


Protéger les Français, sans céder à la tentation fiscale 

Dans un contexte de pouvoir d’achat encore tendu, nous avons défendu un principe essentiel : ne pas alourdir la fiscalité des ménages.

  • -Pas de hausse de l’impôt sur le revenu : cela signifie que le barème a été intégralement indexé sur l’inflation, évitant un gel qui aurait mécaniquement augmenté l’impôt payé par près de 20 millions de foyers fiscaux, pour un montant estimé à 2 milliards d’euros, sans que leurs revenus réels n’aient progressé. C’est un marqueur fort de clarté et de justice fiscale.
  • - Revalorisation de la prime d’activité : +50 euros en moyenne pour 3,5 millions de travailleurs proches du SMIC.
  • - Maintien des aides à l’apprentissage, dans le public comme dans le privé, malgré plusieurs propositions de coupes.
  • - Exonération maintenue des pourboires, essentielle pour les métiers du service.
  • - Abandon définitif de la réforme de la TVA qui aurait mis en difficulté 3 millions d’auto-entrepreneurs.
  • - Préservation des dispositifs d’insertion, des missions locales aux territoires zéro chômeur.
Dans un contexte où les propositions fiscales sur les ménages se sont multipliées, tenir cette ligne n’allait pas de soi. En 2026, la très grande majorité des Français ne verront pas leur fiscalité augmenter, à l’exception d’une contribution ciblée sur les hauts revenus du capital, via la CSG patrimoine.

Il a fallu aussi rejeter l'impôt universel sur les Français de l'étranger. 

Soutenir l’économie réelle, malgré la pression fiscale ambiante 

Les débats budgétaires ont révélé une tentation constante : compenser chaque déséquilibre par une nouvelle taxe sur le travail, l’investissement ou le patrimoine productif. Avec mon groupe politique, nous avons concentré tous nos efforts pour en prendre le contre-pied.

    • - Rejet de 3 milliards d’euros de hausses de charges sur le travail, qui auraient affecté tous les salariés, les apprentis, les jeunes entreprises innovantes et certains compléments de rémunération.
    • - Blocage de la taxe Zucman, du retour de l’ISF, et de toute extension de l’impôt sur les biens professionnels.
    • - Recentrement de la taxe holding, pour en neutraliser l’impact sur nos PME familiales.
    • - Préservation du pacte Dutreil, garant de la transmission d’entreprises sur nos territoires.
    • - Soutien au commerce de proximité, avec le maintien du dispositif “petits colis”.
    • - Sauvegarde des Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) et les Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA), dont les coupes prévues ont été divisées par cinq (39 M€ contre 230 M€ initialement).
Alors que certains, à commencer par le Rassemblement national, ont proposé jusqu’à 34 milliards d’euros de taxes supplémentaires sur les entreprises, nous avons tenu une ligne claire : ne pas casser l’outil productif français. 

Les TPE, PME et ETI ne verront pas leur fiscalité augmenter. Néanmoins, environ 300 grandes entreprises particulièrement rentables verront leur contribution majorée, via une reconduction ciblée de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices. Je comprends les raisons de cette mesure, mais j’en appelle aussi à mieux concentrer notre action sur les leviers de compétitivité, notamment pour ces grands groupes. Là encore, il faudra changer de cadre de pensée. Résister à l’inflation fiscale a malheureusement été un combat quotidien.

Investir dans ce qui prépare vraiment l’avenir

Nous avons aussi veillé à ce que l’éducation, la recherche et l’innovation ne soient pas les variables d’ajustement du budget.

  • - Budget de l’Éducation en hausse, avec la 2 000 postes supplémentaires pour accompagner les élèves en situation de handicap.
  • - Respect intégral de la Loi de Programmation de la Recherche.
  • - Maintien du Crédit Impôt Recherche, du Crédit Impôt Innovation et du statut JEI, y compris pour l’économie sociale et solidaire.
  • - Préservation du rythme d’investissement de France 2030, malgré des ajustements ciblés.
Dans ce domaine stratégique, alors que c'est là qu'il faut prioritairement investir, il a fallu faire face à de nombreuses tentatives de coupes rapides, parfois habillées d’arguments techniques, mais qui auraient affaibli notre capacité d’innovation. Trop de collègues font le choix du court-termisme, sans vision pour l’avenir.

Un équilibre tenu… mais un modèle à refonder 

Le déficit est contenu à 5 % du PIB, la dépense publique à 56,6 %, et les prélèvements obligatoires restent inférieurs à leur niveau de 2019. Cet équilibre existe, mais il demeure fragile, et insuffisant sur le long terme. 

Ce budget n’est pas une fin. C’est une étape, dans un contexte politique qui, je le dis avec gravité, ne permet pas les décisions structurelles que la France doit prendre. Nous ne pourrons pas relever les défis économiques, sociaux et climatiques avec des ajustements à la marge. Nous ne pourrons pas devenir une puissance d’avenir sans dégager des marges de manœuvre réelles. Nous ne pourrons pas refonder nos politiques publiques si nous restons paralysés par la gestion du quotidien. Il nous faudra faire des choix. 

Protéger, soutenir, transformer : oui. Mais surtout, repenser notre modèle, avec ambition, courage et lucidité. 

C’est ce cap que je continuerai à défendre.



@L'illustration de cet article a été réalisée avec l'intelligence artificielle.