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Ukraine : quatre ans de résistance, et la France est là

Le 24 février 2022, la Russie lançait son invasion à grande échelle de l'Ukraine. Quatre ans plus tard, j'ai accompagné le ministre délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier à Kiev, au lendemain d'une nuit de frappes massives. Un déplacement qui dit beaucoup de la position de la France. Elle est présente, investit,  reconstruit.

Aux côtés des Ukrainiens 

Le 3 février au matin, Kyiv sortait d'une nuit d'attaques russes massives, drones et missiles avaient de nouveau ciblé les infrastructures énergétiques de la capitale, plongeant des centaines de milliers de personnes dans le froid et l'obscurité. 

C'est dans ce contexte que nous sommes arrivés, Nicolas Forissier et quelques parlementaires. Ce déplacement aurait pu être annulé. Nous ne l'avons pas fait. Parce que la présence, dans ces moments-là, n'est pas un détail protocolaire. C'est un message politique. Être là, c'est dire à l'Ukraine qu'elle n'est pas seule. C'est dire aux entreprises françaises déjà présentes sur place, 180 d'entre elles, employant quelque 30 000 personnes, qu'elles peuvent compter sur le soutien de leur pays. 

C'est aussi apporter une aide concrète et immédiate : la France a annoncé lors de ce déplacement le don de 150 générateurs électriques à l'Ukraine, dont les premiers étaient déjà sur place. Dans un pays où les frappes russes visent méthodiquement les infrastructures énergétiques, ce geste n'est pas symbolique : il réchauffe des familles et maintient des hôpitaux en activité. Les Ukrainiens l'ont ressenti. Ils font des choix de raison mais aussi des choix de cœur. Et la France, parce que ses mots sont suivis d'actes, est perçue comme un partenaire fiable, à l'heure où d'autres se dérobent

Le Fonds Ukraine II : 71 millions d'euros pour reconstruire maintenant 

Ce déplacement n'était pas seulement symbolique. Il s'inscrit dans une stratégie économique et diplomatique cohérente, dont la reconduction du Fonds Ukraine en est la traduction la plus concrète. Le Fonds Ukraine II mobilise 71 millions d'euros pour 2026, dans la continuité d'un premier fonds créé en 2024 qui a déjà financé 19 projets portés par des entreprises françaises. Les secteurs visés sont ceux dont l'Ukraine a le plus besoin : énergie, eau, santé, agriculture, numérique, déminage, logement. 

Ce fonds répond à une réalité que j'entends sur le terrain : le principal obstacle pour les entreprises qui veulent travailler en Ukraine, c'est le financement. Avec le retrait américain et la disparition de nombreuses aides de l'USAID, un vide s'est créé. La France choisit de l'occuper. Les entreprises qui s'implantent dès maintenant, durablement, seront prioritaires et c'est juste. Ce sont elles qui bâtissent la relation de long terme. 

Un appel à projets est ouvert jusqu'au 9 avril 2026. J'encourage toutes les entreprises françaises intéressées à s'en saisir.

Mon engagement depuis 2022 : un combat parlementaire et de terrain 

Je me suis rendue en Ukraine à de nombreuses reprises depuis le début de l'invasion. Pays de ma circonscription, l'Ukraine n'est pas pour moi un sujet parmi d'autres : c'est une responsabilité directe. 

À l'Assemblée nationale, j'ai porté des amendements pour la création d'un fonds spécial d'aide militaire, travaillé sur la Loi de Programmation Militaire, et fait adopter une résolution sur l'Holodomor, ce génocide par la famine perpétré par l'URSS contre le peuple ukrainien en 1932-1933, dont la reconnaissance est un acte de vérité historique et de respect. 

Ce déplacement de février 2026 confirme ma conviction : soutenir l'Ukraine n'est pas un choix moral facultatif. C'est un impératif stratégique. 

J'y retournerai au mois d'avril à l'occasion du Kyiv Security Forum. 

Pour la sécurité de l'Europe, pour la crédibilité de la France, et pour l'avenir d'un peuple qui résiste depuis quatre ans avec un courage qui force l'admiration.

Ce n'est pas après un éventuel cessez-le-feu qu'il faudra être là. C'est maintenant.