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Éducation prioritaire : des résultats qui confirment que l’action paie

Depuis 2017, nous avons fait un choix clair : investir là où les besoins sont les plus forts. Investir pour que l’École tienne sa promesse républicaine. Investir pour que la sociologie ne soit jamais un destin. La publication, en février 2026, de l’étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) apporte des éléments précieux. Elle mesure, à indice de position sociale (IPS) égal, les écarts de progression entre les élèves scolarisés en réseau d’éducation prioritaire (REP et REP+) et ceux hors éducation prioritaire. Les résultats sont clairs : le dédoublement des classes de CP et de CE1 produit des effets mesurables.

En CP et en CE1 : des progrès plus rapides dans les écoles des quartiers prioritaires

À niveau social comparable, les élèves scolarisés dans des classes à effectifs réduits progressent davantage que les autres élèves de l’école publique. À la fin du CP, les résultats sont particulièrement encourageants en mathématiques : les élèves des écoles les plus prioritaires progressent de 13 % de plus en mathématiques et de 5 % de plus en français. 

En CE1, les écarts restent significatifs : les progrès sont supérieurs de 6 % en français et de 5 % en mathématiques dans les écoles les plus prioritaires.

Dans les autres écoles relevant de l’éducation prioritaire, l’écart est également positif : +7 % en français et +3 % en mathématiques. Ces résultats confirment une conviction simple : lorsque les professeurs disposent de classes plus petites et de davantage de temps pour accompagner chaque enfant, les élèves progressent davantage. 

En CP, ces classes comptent en moyenne 13 élèves, contre environ 22 dans les écoles les plus favorisées. Cela change profondément les conditions d’apprentissage. Et cela fait une vraie différence.

Des effets particulièrement visibles sur les savoirs fondamentaux 

L’étude montre que les gains sont particulièrement nets sur l’écrit et sur les compétences fondamentales. En mathématiques, les progrès sont significatifs en CP pour les opérations de base : addition, soustraction, reconnaissance des nombres.

En français, les progrès portent notamment sur les compétences liées à la lecture et à la maîtrise du code. Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ils sont le fruit d’une politique cohérente : dédoublement, formation continue des professeurs, recentrage sur les fondamentaux. Il n’y a pas de fatalité scolaire.

Une vigilance nécessaire dans la durée 

L’étude souligne également un point de vigilance : en début de CM2, lorsque les élèves quittent les classes dédoublées et retrouvent des effectifs ordinaires en CM1, les écarts de progression se réduisent fortement, voire deviennent légèrement défavorables. 

Ce constat ne remet pas en cause les bénéfices des premières années. Il nous invite à aller plus loin. Il montre que l’effort doit être prolongé, consolidé et accompagné tout au long de la scolarité. Élever le niveau ne se décrète pas sur deux ans : c’est une trajectoire. C’est précisément le sens de l’Acte II du Choc des savoirs que j'avais mis en place lorsque j'étais à la tête du Ministère : poursuivre l’exigence, renforcer l’accompagnement au collège, structurer les parcours pour éviter que les progrès s’essoufflent.

Une politique qui produit des résultats 

L’éducation prioritaire n’est pas une politique d’affichage. C’est une politique d’investissement ciblé. Ces résultats montrent que lorsque l’État assume son rôle, lorsque les moyens sont concentrés là où ils font la différence, lorsque l’on fait confiance aux professeurs, l’École peut corriger les inégalités. Il reste du chemin. Nous devons être lucides.

Mais nous pouvons aussi être fiers du travail accompli. Parce qu’au fond, la question est simple : acceptons-nous que l’origine sociale détermine le destin scolaire ? Ma réponse est claire : non. Et ces résultats nous donnent une certitude : quand la République agit, elle peut tenir sa promesse.