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Projet de loi d’urgence agricole : protéger notre souveraineté alimentaire

Présenté en Conseil des ministres le 8 avril 2026, le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles répond à une exigence devenue centrale : permettre à la France de continuer à produire, nourrir et protéger. Ce texte apporte des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes des agriculteurs tout en préparant l’avenir de notre agriculture face aux bouleversements climatiques, économiques et géopolitiques.

Redonner de l’air à nos agriculteurs 

La crise agricole de ces derniers mois n’a pas seulement exprimé une colère. Elle a révélé une fatigue profonde face à l’accumulation des normes, à la concurrence déloyale, à la complexité administrative et au sentiment croissant d’impuissance. Nos agriculteurs demandent avant tout du respect, de la cohérence et de la visibilité. Le projet de loi présenté par le Gouvernement s’inscrit précisément dans cette logique du concret et s'organise autour d’un triptyque clair : « libérer, protéger, construire ». 

Première ambition : libérer le quotidien des agriculteurs. Le texte simplifie un certain nombre de procédures qui freinent aujourd’hui des projets pourtant indispensables à notre souveraineté alimentaire. C’est notamment le cas du stockage de l’eau, devenu un enjeu majeur à mesure que les effets du changement climatique s’intensifient. Le projet de loi facilite ainsi les ouvrages hydrauliques agricoles lorsqu’ils s’inscrivent dans des projets territoriaux concertés. Il renforce également le rôle des organismes de gestion collective de l’eau afin de garantir une répartition plus juste de la ressource, notamment pour les jeunes agriculteurs. 

Le texte simplifie aussi le cadre applicable aux bâtiments d’élevage, en cessant d’assimiler systématiquement les exploitations agricoles à des logiques industrielles. Au fond, cette réforme porte une idée simple : faire davantage confiance au terrain.

Protéger nos agriculteurs face aux concurrences déloyales 

Le deuxième pilier du texte touche à une question devenue centrale dans le débat public : celle de la justice économique et commerciale. Comment demander toujours plus d’efforts à nos agriculteurs tout en important des produits qui ne respectent pas les mêmes règles ? 

Le projet de loi apporte une réponse claire. Désormais, lorsque l’Union européenne interdira certaines substances pour protéger la santé ou l’environnement, la France pourra interdire les importations de produits traités avec ces mêmes substances si l’Europe ne l’a pas encore fait elle-même. 

Cette disposition marque un tournant important. Elle répond à une attente très forte du monde agricole, mais aussi des consommateurs français, de plus en plus attentifs à la traçabilité et à la qualité de leur alimentation. 

Le texte prévoit également la création d’une brigade nationale spécialisée dans le contrôle sanitaire des denrées importées. Ses pouvoirs d’enquête seront renforcés afin de lutter plus efficacement contre les fraudes et les contournements des normes européennes. 

Mais protéger notre agriculture, c’est aussi protéger nos terres. Le projet de loi renforce les outils de lutte contre l’artificialisation et le morcellement du foncier agricole. Il donne davantage de moyens d’action aux SAFER pour préserver durablement la vocation agricole des terres. Il prévoit également des mesures concrètes contre les vols dans les exploitations agricoles, dont les sanctions seront alourdies. 

Dans une époque marquée par les tensions géopolitiques et les crises alimentaires mondiales, la souveraineté agricole n’est plus un slogan. C’est une nécessité stratégique.

Construire une agriculture forte, durable et rémunératrice 

Ce texte ne se limite pas à la gestion de l’urgence. Il cherche aussi à construire des perspectives durables pour l’agriculture française. Le projet de loi encourage ainsi l’émergence de « projets agricoles d’avenir » construits à l’échelle des territoires, associant producteurs, transformateurs et distributeurs autour d’objectifs de souveraineté alimentaire. Cette logique est essentielle. 

Pendant trop longtemps, les agriculteurs ont produit sans visibilité suffisante sur leurs débouchés et leurs revenus. Le texte renforce donc également les organisations de producteurs et encadre davantage les négociations commerciales afin de mieux prendre en compte les coûts de production agricoles. 

Autre évolution majeure : la restauration collective publique devra désormais privilégier les approvisionnements français et européens, sauf exception. C’est une forme de patriotisme alimentaire assumé. Non pas contre les autres, mais pour soutenir concrètement nos filières, nos territoires et notre capacité à produire. 

Le texte étend également à d’autres filières le principe du « tunnel de prix », afin d’éviter que les agriculteurs ne vendent à perte lors des fluctuations du marché. 

Enfin, le projet de loi cherche à réconcilier écologie et agriculture. Il refuse les oppositions caricaturales entre production et protection de l’environnement. Il n’y a pas d’écologie sans agriculture française, comme il n’y a pas d’agriculture française sans écologie. 

Nos agriculteurs sont les premiers confrontés aux conséquences du dérèglement climatique. Ils savent mieux que quiconque que la transition écologique est indispensable. Mais cette transition ne pourra réussir que si elle est économiquement soutenable et territorialement réaliste. 

Ce projet de loi trace ainsi une voie d’équilibre :

une agriculture plus forte,
plus souveraine,
plus protégée,
mais aussi plus durable et mieux rémunérée. 

Parce qu’au bout du compte, derrière chaque exploitation agricole, il y a bien davantage qu’une activité économique. Il y a des familles, des territoires, des paysages, des savoir-faire et une certaine idée de la France.