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Transition écologique : des discours aux résultats

Pendant longtemps, les politiques environnementales ont surtout été jugées à l'aune des objectifs qu'elles fixaient. Désormais, elles doivent être évaluées sur les résultats qu'elles obtiennent. C'est tout l'intérêt du Baromètre de la planification écologique mis en ligne par le Gouvernement. Avec plus de 250 indicateurs, il permet à chacun de mesurer concrètement où en est la France dans sa transition écologique. Une évolution importante, qui marque le passage d'une écologie des discours à une écologie des résultats.

Enfin un tableau de bord de la transition écologique 

La transition écologique est probablement l'un des plus grands défis auxquels notre pays est confronté. Mais pour agir efficacement, encore faut-il savoir précisément où nous en sommes. C'est précisément l'objectif du Baromètre de la planification écologique. 

Pour la première fois, plus de 250 indicateurs permettent de suivre de manière transparente les politiques publiques conduites dans six grands domaines : le climat, l'adaptation au changement climatique, l'eau, la préservation de la biodiversité, la lutte contre les pollutions et la gestion des ressources. 

Cette méthode me paraît essentielle. Une politique publique ne peut plus être évaluée uniquement à travers des annonces ou des intentions. Elle doit pouvoir être suivie dans le temps, à partir de données objectives, accessibles à tous et régulièrement mises à jour.

Où en est réellement la France ? 

Le premier enseignement du baromètre est qu'il ne raconte ni une histoire de succès absolu, ni un récit d'échec. Il montre une France qui progresse sur plusieurs fronts mais qui doit encore accélérer pour tenir ses engagements. 

Depuis 1990, les émissions françaises de gaz à effet de serre ont diminué d'environ un tiers. C'est une évolution significative, mais la trajectoire fixée par la Stratégie nationale bas-carbone est encore plus ambitieuse : la France doit atteindre -50 % d'émissions d'ici 2030, puis la neutralité carbone en 2050. Le baromètre rappelle également que notre pays dispose d'un atout considérable : une électricité décarbonée à plus de 90 %, grâce au nucléaire et au développement des énergies renouvelables. C'est un avantage décisif pour électrifier progressivement les transports, l'industrie ou le chauffage tout en limitant les émissions. 

Dans le même temps, les données montrent que plusieurs défis restent devant nous. Les secteurs des transports, du logement ou encore de l'agriculture devront poursuivre leur transformation. La préservation de la biodiversité, la gestion durable de la ressource en eau et la réduction de l'artificialisation des sols demeurent également des priorités si nous voulons atteindre les objectifs que la France s'est fixés. 

Autrement dit, le baromètre ne cherche pas à délivrer un satisfecit. Il met en lumière les progrès réalisés, mais aussi les écarts qui subsistent entre la trajectoire souhaitée et la réalité. 

Une écologie de la preuve

C'est précisément ce qui fait la valeur de cet outil. La transition écologique ne réussira ni à coups de slogans, ni par des postures. Elle suppose de fixer une trajectoire, de mesurer les résultats obtenus, d'identifier les retards et de corriger les politiques lorsque cela est nécessaire. Cette culture de l'évaluation est indispensable. Elle permet de dépasser les débats idéologiques pour revenir aux faits. 

Le Baromètre de la planification écologique n'a pas vocation à démontrer que tout va bien. Au contraire, il montre avec transparence ce qui fonctionne, ce qui progresse et ce qui doit encore être amélioré. C'est exactement ce que l'on est en droit d'attendre d'une politique publique moderne. 

La transition écologique est une transformation profonde de notre quotidien, de notre économie, de nos modes de production et de nos habitudes de consommation. Elle ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, avec les collectivités, les entreprises, les agriculteurs, les associations et les citoyens. 

Je crois profondément que cette méthode est la bonne. Parce que l'écologie ne gagnera pas en multipliant les promesses. Elle gagnera en produisant des résultats mesurables, en assumant la transparence et en corrigeant en permanence notre trajectoire. 

La France est en train de passer d'une écologie des discours à une écologie des résultats. C'est cette exigence d'évaluation, de responsabilité et d'action qui nous permettra de réussir durablement notre transition écologique.