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Protéger nos enfants face aux réseaux sociaux : une loi enfin adoptée

Le 26 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi majeure visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Cette avancée législative répond à une urgence sanitaire, éducative et sociétale : protéger la santé mentale, la sécurité et le développement des jeunes face aux dérives du numérique. Cest une première en Europe. La Franc ouvre le chemin. 

En tant que responsable de texte pour le groupe Ensemble pour la République (EPR), j’ai porté avec conviction cette proposition de loi déposée par ma collègue Laure Miller, à la suite des travaux de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, à laquelle j’ai également activement participé.


Une urgence de santé publique 

Les données sont alarmantes. De nombreux adolescents, parfois âgés de seulement 10 ou 11 ans, sont exposés quotidiennement à des contenus violents, anxiogènes ou inadaptés sur les réseaux sociaux. Le rapport de l’ANSES publié récemment établit un lien clair entre l’usage intensif de ces plateformes et des troubles tels que l’anxiété, les troubles du sommeil, le cyberharcèlement, ou encore des pensées suicidaires. Ce texte marque une réponse politique forte face à une situation qui ne peut plus être ignorée. Il s’agit d’un acte de protection et de responsabilité à l’égard de notre jeunesse.

Ce que prévoit concrètement la loi 

La proposition de loi, adoptée en première lecture, comprend plusieurs mesures clés :

  • - Interdiction pour les plateformes d’autoriser l’ouverture de comptes à des mineurs de moins de 15 ans ;
    - Obligation pour les plateformes d’authentifier l’âge de leurs utilisateurs via des solutions techniques conformes au DSA ;
    - Extension de l’interdiction de l’usage du téléphone portable aux lycées, pour renforcer la concentration, les apprentissages et la qualité des relations sociales à l’école ;

Une boussole claire : l’intérêt de l’enfant 

En commission comme en séance publique, j’ai défendu un cap clair : l’enfant d’abord ! 

Ce texte constitue un socle législatif essentiel, en cohérence avec les recommandations européennes récentes et les attentes exprimées par les familles, les enseignants, les professionnels de santé et les chercheurs.

Si certains articles initiaux ont été retravaillés pour garantir la conformité juridique et la faisabilité technique, le cœur du texte demeure : interdire l’inscription des mineurs de moins de 15 ans sur les réseaux sociaux, et encadrer leur usage pour les plus âgés.

Une vigilance continue 

L’adoption de cette loi est un tournant, mais certainement pas un point final. Avec mes collègues du groupe EPR, je serai vigilante à sa mise en œuvre, au respect des obligations par les plateformes, et aux moyens donnés aux pouvoirs publics français et à la Commission européenne pour faire appliquer la loi. Il ne s’agit pas de censurer, mais d’éduquer, de prévenir et d’agir avec discernement.

Une société protectrice, une jeunesse respectée 

Nous devons à notre jeunesse un environnement numérique plus sûr, plus sain, plus respectueux. La loi que nous venons d’adopter incarne cette ambition. Elle réaffirme la place de l’école comme espace protégé, celle des familles comme premières éducatrices, et celle de l’État comme garant des droits des plus vulnérables. 

Le Sénat doit désormais se prononcer dans les prochaines semaines pour une mise en oeuvre dès le 1er septembre 2026. 

Je continuerai à me battre pour que le numérique soit un outil d’émancipation, non un facteur de souffrance. Notre responsabilité collective est immense. Et je suis fière d’y prendre toute ma part.