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Budget 2027 : redresser nos comptes pour préparer l’avenir

Le projet de budget pour 2027 s’inscrit dans un contexte exigeant : progression spontanée des dépenses publiques, poids croissant de la dette et nouvelles incertitudes économiques et géopolitiques. Le Gouvernement propose un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, sans augmentation générale des impôts. Derrière ces chiffres, une question essentielle : comment retrouver des marges de manœuvre tout en préservant les priorités qui préparent l’avenir ? Le débat appartient désormais au Parlement. 

Maîtriser la dépense plutôt qu’augmenter les impôts 

Sans mesure nouvelle, le déficit public atteindrait, selon le Gouvernement, près de 6,5 % du PIB en 2027. Le projet présenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit donc un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros afin de contenir le déficit autour de 5 % du PIB, en tenant compte de l’augmentation prévue des dépenses militaires.

Le choix affiché est celui de la stabilité fiscale : plutôt qu’une hausse générale des impôts, l’effort doit d’abord porter sur la progression des dépenses publiques. L’État est appelé à y prendre sa part : hors charge de la dette et Défense, ses dépenses seraient gelées en valeur, tandis que les opérateurs et agences seraient également mis à contribution. Cette orientation rejoint un constat désormais largement posé par mon groupe politique Ensemble pour la République : le redressement de nos finances publiques ne pourra pas reposer uniquement sur des mesures ponctuelles, mais doit s’inscrire dans la durée. 

Faire des choix et préserver les priorités 

 Maîtriser la dépense ne signifie pas réduire indistinctement tous les budgets. Le projet du Gouvernement assume au contraire des arbitrages. Les crédits des Armées doivent progresser de 6,4 milliards d’euros en 2027, tandis que la Justice, l’Intérieur, la Recherche et l’Écologie bénéficieraient également de moyens supplémentaires. Dans le même temps, des économies sont envisagées sur plusieurs politiques publiques, notamment les arrêts maladie, certains dispositifs liés à l’emploi et à la formation professionnelle, ainsi que le fonctionnement de l’État et de ses opérateurs. 

Les prestations destinées aux Français les plus modestes doivent, elles, être préservées. 

Cette logique de priorisation concerne aussi l’École : au-delà du montant des crédits, le débat doit porter sur leur efficacité et sur notre capacité à concentrer les moyens là où ils améliorent réellement la réussite des élèves et les conditions d’exercice des enseignants. 

Le Parlement doit maintenant faire vivre le débat 

 Un projet de budget n’est pas un budget définitif. Après sa présentation en Conseil des ministres, le projet de loi de finances sera examiné par l’Assemblée nationale puis par le Sénat. Les parlementaires disposeront de 70 jours pour débattre des recettes, examiner les crédits de chaque mission, proposer des amendements et rechercher les compromis nécessaires à son adoption. Dans une Assemblée sans majorité absolue, cette étape prend une importance particulière. 

La discussion budgétaire doit permettre de confronter les choix, de les améliorer et de déterminer collectivement les priorités que notre pays peut financer. 

C’est dans ce cadre que je conduirai, comme rapporteure pour avis des crédits de la mission « Enseignement scolaire », mon travail sur le budget de l’École : avec une exigence simple, celle de concilier la nécessaire maîtrise de nos finances publiques avec l’investissement indispensable dans la réussite de nos élèves et dans celles et ceux qui font vivre l’École chaque jour.