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Budget 2027 : une nouvelle responsabilité au service de l’École

J’ai été désignée rapporteure pour avis du budget 2027 consacré à l’enseignement scolaire par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. Cette responsabilité me permettra d’examiner en profondeur les moyens que la Nation consacre à son École et, surtout, de porter une exigence : faire de chaque euro investi un levier pour la réussite de nos élèves et pour la reconnaissance de celles et ceux qui les accompagnent chaque jour.

Examiner le budget de l’École, c’est faire des choix pour son avenir

En juin dernier, mes collègues de la commission des affaires culturelles et de l’éducation m’ont confié la responsabilité d’être rapporteure pour avis des crédits de la mission « Enseignement scolaire » dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027.

Ce rôle est à la fois technique et profondément politique. Depuis plusieurs semaines, j'examine les crédits consacrés à l’enseignement scolaire, interroge les acteurs de notre système éducatif, analyse les choix proposés par le Gouvernement et évalue leur traduction concrète dans les écoles, les collèges et les lycées.

Cette mission représente près de 65 milliars d'euros hors pension, soit environ 90 milliards d’euros pensions comprises. Mais derrière ces milliards, ce sont pas des lignes comptables, mais bien des  professeurs devant leurs classes, des personnels qui accompagnent les élèves, des établissements qui doivent fonctionner et, avant tout, des millions d’enfants auxquels nous devons donner les moyens d’apprendre et de réussir.

C’est avec cette conviction que j’aborde cette responsabilité : un budget de l’École ne se juge pas seulement au montant des crédits engagés, mais à ce qu’ils permettent réellement de changer dans la classe.

Prolonger mon engagement pour l’École

Cette responsabilité s’inscrit naturellement dans le prolongement de mon engagement en faveur de l’École et de ceux qui la font vivre. J’ai eu l’honneur d’être ministre de l’Éducation nationale. Cette expérience a renforcé une conviction que je continue de porter aujourd’hui comme députée : l’École est l’une des institutions sur lesquelles repose notre promesse républicaine. Elle transmet des savoirs, permet l’émancipation, construit notre capacité à faire société et prépare notre avenir collectif.

Dans un contexte budgétaire contraint, nous devons évidemment regarder avec exigence l'efficacité de la dépense publique. Mais l’exigence budgétaire ne peut pas nous conduire à perdre de vue l’essentiel : ce que nous attendons de notre École et les conditions que nous donnons à ses personnels pour accomplir leur mission.Mon rapport devra donc aller au-delà de la seule lecture des crédits. Je souhaite regarder leur efficacité, leur répartition et leur capacité à répondre aux difficultés concrètes rencontrées sur le terrain.

Rémunération des enseignants : regarder au-delà des moyennes

Je souhaite notamment consacrer une attention particulière à la rémunération et, plus largement, à la reconnaissance du métier enseignant. Les dernières données publiées par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) apportent à cet égard des éléments encourageants. En 2024, le salaire net mensuel moyen d’un enseignant fonctionnaire ou assimilé s’établissait à 3 090 euros, soit une progression de 6,4 % en euros courants et de 4,3 % une fois l’inflation prise en compte par rapport à 2023.

Ces résultats traduisent notamment les revalorisations engagées depuis 2022, avec l’augmentation des indemnités liées au suivi des élèves, la hausse de la prime d’attractivité ou encore les mesures de revalorisation applicables à la fonction publique. Elles ont produit des effets réels et doivent être reconnues.

Mais une moyenne ne raconte jamais toute une profession. La même étude montre une réalité plus contrastée. Parmi les enseignants présents en 2023 comme en 2024, 79 % ont vu leur salaire progresser en euros constants, mais 8 % ont connu une stagnation et 13 % une baisse. 

Les écarts demeurent également importants selon les corps, l'ancienneté, les fonctions exercées ou le temps de travail. En 2024, les professeurs des écoles percevaient ainsi en moyenne 2 850 euros nets mensuels, contre 3 130 euros pour les professeurs certifiés et 4 080 euros pour les professeurs agrégés et de chaire supérieure. Ces chiffres nous invitent donc à aller plus loin que les moyennes. Ils posent la question des débuts et des évolutions de carrière, des différences entre premier et second degrés, de la place croissante des primes et des missions complémentaires, mais aussi de ce que notre société reconnaît réellement à ceux auxquels elle confie l’instruction et l’avenir de ses enfants. 

On ne reconstruira pas durablement l’École sans revaloriser ceux qui la font vivre. Et cette revalorisation ne peut être seulement salariale : elle doit être économique, professionnelle, sociale et, je le crois, sociétale.

Redonner une base solide à notre École

C’est cette réflexion que je souhaite ouvrir dans le cadre de mon rapport budgétaire pour 2027. Je mène donc depuis le début de l'été et encore pour les semaines à venir, un travail d’auditions et d’analyse pour confronter les données budgétaires aux réalités vécues par les personnels et aux besoins des élèves. 

Je veux notamment interroger la manière dont nous rémunérons les enseignants, dont nous reconnaissons leur progression professionnelle et dont nous pouvons durablement renforcer l’attractivité de leur métier. Car derrière la question du salaire se trouve une interrogation plus large : quelle place voulons-nous donner au professeur dans la société française ?

La France ne retrouvera pas une École forte sans des enseignants reconnus, respectés et soutenus. Il ne suffit pas de demander davantage à l’École : il faut donner à ceux qui la font vivre les moyens, les conditions de travail, les perspectives et la considération nécessaires pour remplir leur mission. C’est avec cette ambition que j’aborde cette nouvelle responsabilité parlementaire : faire du budget 2027 non pas seulement un exercice comptable, mais un moment de vérité et de choix pour l’avenir de notre École.