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LPM actualisée : la France se réarme utilement

L'Assemblée nationale vient d'adopter la réactualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Un texte historique, rendu nécessaire par une dégradation brutale de l'environnement stratégique mondial depuis l'adoption de la LPM initiale en 2023 : guerre en Ukraine qui s'inscrit dans la durée, montée des tensions en Indopacifique, multiplication des menaces hybrides et des campagnes de déstabilisation. 

Un effort sans précédent pour notre appareil militaire 

 Cette actualisation porte l'effort budgétaire de défense à 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards supplémentaires par rapport à la trajectoire initiale. L'objectif de consacrer 2 % du PIB à la défense nationale, engagement souscrit au sein de l'OTAN, sera atteint dès 2025-2027. C'est un signal fort adressé à nos alliés comme à nos adversaires : la France tient son rang et assume ses responsabilités. 

 Au-delà des chiffres, le texte engage une transformation en profondeur de notre modèle de défense. Il crée un nouveau service national militaire fondé sur le volontariat, le contrat d'appelé du service national, d'une durée de dix mois, et renforce significativement les réserves opérationnelles et citoyennes. Il transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation », recentrée sur l'esprit de défense, la présentation des armées et l'identification des vocations militaires. Il dote enfin la France d'un nouvel outil juridique inédit, l'état d'alerte de sécurité nationale, permettant de répondre de façon graduée et rapide à une menace grave pesant sur la Nation. Autant de dispositions qui traduisent une conviction : dans le monde qui vient, la défense concerne tous les Français, et la résilience nationale se construit dès le temps de paix. 

 J'ai voté ce texte avec conviction, en saluant l'effort historique qu'il représente pour nos armées et pour la sécurité de notre pays. 

Les Français de l'étranger au cœur du débat 

 J'ai également tenu, au cours des débats, à défendre la place des Français établis hors de France dans cet effort de défense collective. Car dans sa version initiale, la LPM actualisée ne les mentionnait pas, ni dans son volet consacré au lien armée-jeunesse, ni dans celui dédié à la résilience nationale. Un angle mort que rien ne justifie. 

 J'ai donc déposé plusieurs amendements : pour que la protection de nos ressortissants en cas de crise à l'étranger soit explicitement inscrite dans les orientations stratégiques de la loi ; pour que nos 700 000 jeunes Français de l'étranger soient reconnus comme pleinement concernés par la journée de mobilisation et ses obligations ; et pour soulever un sujet qui me préoccupe profondément, celui de jeunes Français qui, faute d'un lien suffisamment entretenu avec leur pays, en viennent parfois à s'engager sous des drapeaux étrangers. Cette réalité illustre l'urgence de renforcer la sensibilisation à l'esprit de défense auprès de nos jeunes expatriés, et la journée de mobilisation est précisément l'outil pour y remédier. 

Un amendement adopté pour nos jeunes à l'étranger 

 L'un de ces amendements a été adopté. Celui-ci inscrit désormais dans le texte que l'objectif de renforcer le lien entre la jeunesse et les armées concerne « y compris ceux établis hors de France ». Nos jeunes Français de l'étranger, souvent immergés dans des environnements géopolitiquement exposés et porteurs de compétences linguistiques et culturelles précieuses pour la Nation, sont désormais reconnus dans cette loi de programmation militaire comme des acteurs à part entière de la défense nationale. Un premier pas, qui en appelle d'autres.