Depuis plusieurs années, les signaux d’alerte se multiplient. La guerre en Ukraine a marqué le retour de la guerre de haute intensité en Europe. Les crises au Proche-Orient ont confirmé que les conflits s’étendent, se durcissent et s’inscrivent dans la durée. Dans ce contexte, nous ne pouvons plus considérer notre sécurité comme acquise. Les menaces évoluent plus vite, elles sont plus nombreuses et plus imprévisibles. Les Européens doivent désormais être capables d’assurer davantage leur propre sécurité.
C’est dans cet esprit que s’inscrit l’actualisation de la loi de programmation militaire. Avec un effort total porté à plus de 413 milliards d’euros sur la période 2024-2030, complété par 36 milliards d’euros supplémentaires, la France engage un investissement sans précédent. Le budget annuel de la défense atteindra 63,3 milliards d’euros en 2027 et plus de 76 milliards d’euros en 2030. Cet effort est indispensable. Il ne s’agit pas de préparer la guerre, mais de préserver la paix en étant crédible face aux menaces.
Des armées mieux équipées et une Nation mieux préparée
Les conflits récents nous enseignent une réalité simple : la guerre moderne est une guerre de volume, de technologie et de durée. Elle consomme massivement des munitions. Elle mobilise des drones en grand nombre. Elle exige des capacités de défense aérienne performantes, du renseignement en temps réel et des moyens d’action dans le cyber et dans l’espace. L’actualisation de la LPM en tire des conséquences concrètes :
- reconstitution des stocks de munitions et de missiles,
- développement des drones et des systèmes autonomes,
- renforcement de la défense sol-air,
- montée en puissance des capacités de frappe dans la profondeur,
- investissements dans le cyber, le spatial et les technologies de rupture.
Mais cette actualisation va plus loin. Elle introduit des outils nouveaux pour préparer la Nation dans son ensemble. La création d’un état d’alerte de sécurité nationale permettra de mieux anticiper et gérer les crises majeures. Le renforcement de la résilience nationale vise à préparer l’ensemble du pays - institutions, entreprises, citoyens - à faire face à des situations exceptionnelles. Enfin, la mise en place d’une journée de mobilisation, dans le cadre d’un service national rénové, vise à renforcer le lien entre la Nation et ses armées et à sensibiliser la jeunesse aux enjeux de défense.
Ces évolutions traduisent une conviction simple : la défense n’est pas seulement l’affaire des armées, elle concerne toute la Nation.
Protéger les Français partout dans le monde
Dans un monde instable, la défense nationale est une assurance pour notre sécurité, notre liberté et notre capacité à décider par nous-mêmes. Elle concerne aussi directement les Français établis hors de France, qui sont près de 3,5 millions à vivre à l’étranger, parfois dans des zones exposées aux crises et aux conflits. Les événements récents l’ont montré : la protection de nos ressortissants - information, sécurisation, évacuation - est une composante essentielle de notre résilience nationale. C’est pourquoi j’ai souhaité, dans le cadre de l’examen parlementaire de cette loi, déposer plusieurs amendements afin de mieux intégrer les Français de l’étranger dans cette stratégie de défense.
Ces amendements visent notamment à :
- inclure explicitement les Français établis hors de France dans les dispositifs de mobilisation et de sensibilisation à l’esprit de défense,
- reconnaître pleinement leur rôle dans la communauté nationale,
- renforcer la prise en compte de leur protection dans les dispositifs de gestion de crise.
Dans un monde redevenu plus brutal, la paix ne peut jamais être tenue pour acquise. Elle se protège, elle se prépare, elle se construit. Se préparer aux guerres d’aujourd’hui et de demain, ce n’est pas céder à la peur. C’est faire preuve de responsabilité. C’est donner à la France les moyens de rester une nation libre, souveraine et capable de défendre ses valeurs partout où vivent ses citoyens.