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Liberté académique : défendre le débat, faire respecter les règles
À l'occasion d'une question au Gouvernement, j'ai interrogé le ministre de l'Enseignement supérieur sur les tensions qui traversent aujourd'hui certaines universités. Face aux contestations qui remettent parfois en cause le fonctionnement même des établissements, j'ai rappelé une conviction simple : la liberté académique est une richesse démocratique, mais elle ne peut s'exercer durablement sans règles communes, sans autorité légitime et sans respect des principes républicains.
La liberté universitaire suppose des règles communes
L'université est, par nature, le lieu du débat, de la confrontation des idées, de la recherche et de la liberté intellectuelle. C'est ce qui fait sa force et sa singularité. Mais aucune liberté ne peut prospérer durablement sans cadre commun. Lorsque la contestation ne consiste plus à convaincre mais à empêcher, à bloquer ou à exercer des pressions sur ceux qui ont la responsabilité de faire fonctionner l'institution, c'est l'équilibre même de la vie universitaire qui est fragilisé.
Garantir la tenue des enseignements, faire respecter les décisions prises dans le cadre des règles de la République et préserver la sérénité du débat universitaire ne constitue pas une restriction des libertés. C'en est la condition.
L'autorité n'est pas l'adversaire de la liberté
J'ai souhaité interroger le Gouvernement sur les moyens mis en œuvre pour soutenir les responsables d'établissement lorsqu'ils exercent leurs responsabilités.
Dans une démocratie, l'autorité n'est pas l'opposé de la liberté. Elle en est la garantie.
Ceux qui assurent la continuité des enseignements, veillent à la sécurité des étudiants et font respecter les règles républicaines doivent pouvoir agir sans subir d'intimidations, de pressions ou de tentatives de blocage.
Cette exigence vaut également pour la lutte contre toutes les formes de discrimination, d'antisémitisme ou de haine qui n'ont pas leur place dans l'enseignement supérieur. Nos universités doivent demeurer des espaces où chacun peut débattre librement, dans le respect de l'autre et des principes qui fondent notre République.
Former les responsables et les citoyens de demain
Au-delà des polémiques du moment, l'enjeu est celui de l'avenir de notre pays.
Nos universités ont pour mission de former les chercheurs, les entrepreneurs, les diplomates, les hauts fonctionnaires, les responsables publics et les citoyens qui auront demain la charge de faire vivre notre démocratie.
Dans un monde marqué par le retour des rapports de puissance, l'accélération des transformations technologiques et l'intensification de la compétition internationale, la France a besoin d'établissements d'enseignement supérieur reconnus pour leur excellence, leur ouverture intellectuelle et leur capacité à préparer l'avenir.
Préserver la liberté académique, soutenir ceux qui font respecter les règles communes et garantir la continuité des enseignements, c'est défendre bien davantage que le bon fonctionnement de nos universités : c'est préparer les générations qui auront demain la responsabilité de défendre notre démocratie, notre République et nos libertés.