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AEFE : nous demandons un moratoire immédiat

Communiqué de presse du 19 décembre 2025 

Au lendemain du Conseil d’administration extraordinaire de l’AEFE, nous, parlementaires engagés pour l’enseignement français à l’étranger, tenons à exprimer notre profond désaccord, tant sur la méthode que sur le fond des décisions prises. 

Sur la forme, l’unanimité du rejet exprimée par les représentants des familles, des syndicats, des associations, des élus des Français de l’étranger et des parlementaires n’a pas été entendue. 

Jusqu’aux dernières heures, nos demandes répétées de report, afin d’examiner les alternatives proposées sont restées sans réponse. Nous dénonçons un processus de décision mené sans réelle concertation par la Direction générale de la mondialisation, au mépris des principes démocratiques les plus élémentaires. Cette méthode isole l’administration de toutes les parties prenantes et fragilise encore davantage la gouvernance de l’Agence. 

Sur le fond, il est inacceptable de faire peser l’essentiel de l’effort sur les familles, en augmentant significativement les contributions financières, sans qu’un plan de redressement crédible n’ait été présenté. 

Oui, la situation financière est préoccupante, mais rappelons que le budget de l’AEFE est passé de 350 à 450 millions d’euros entre 2017 et 2024. Cette crise est d’abord le résultat d’une absence chronique de pilotage stratégique. 

Depuis 2019, des alertes ont été lancées et des propositions claires et actionnables ont été formulées par les parlementaires, encore nombreuses ces dernières semaines. Elles ont été ignorées. Il est temps d’engager une réforme structurelle profonde et de repenser la gouvernance de l’Agence. 

Nous saluons néanmoins la mission confiée à notre collègue Samantha Cazebonne, dont nous connaissons l’expertise et l’engagement, et qui soutient notre démarche. Nous serons pleinement à ses côtés. 

Par ailleurs, nous appelons à ce que les inspections générales puissent également produire leur propre diagnostic et leurs recommandations. 

Dans l’attente des conclusions de ces travaux, un moratoire sur l’application des décisions du Conseil d’administration est indispensable. 

Nous demandons également au Gouvernement de garantir les moyens nécessaires au bon fonctionnement du réseau, véritable pilier de notre influence internationale. 

Nous comptons sur l’engagement de la Ministre, Éléonore Caroit, avec laquelle les échanges ont toujours été très constructifs. 

Il ne suffit plus de vanter l’AEFE comme un « bijou » diplomatique : la parole performative ne suffit plus, nous attendons des actes. 

Il est désormais urgent de refonder, ensemble, le modèle de l’enseignement français à l’étranger, pour garantir la pérennité du réseau et accompagner son développement, au service des élèves, des enseignants, des familles et de nos communautés françaises, qui ne sauraient être les premières victimes de cette situation.



Anne GENETET
Députée des Français établis hors de France
 Marc FERRACCI
 Député des Français établis hors de France
Caroline YADAN
 Députée des Français établis hors de France
Amelia LAKRAFI
 Députée des Français établis hors de France
Pieyre-Alexandre ANGLADE
 Député des Français établis hors de France
Nathalie COGGIA
 Députée des Français établis hors de France
Vincent CAURE
 Député des Français établis hors de France
Christopher WEISSBERG
 Député des Français établis hors de France