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Protéger ceux qui enseignent : je présiderai la mission d’information sur la protection des personnels éducatifs
Six ans après l’assassinat de Samuel Paty et trois ans après celui de Dominique Bernard, la protection de celles et ceux qui font vivre l’École de la République demeure une exigence absolue. J’ai été désignée présidente de la mission d’information de l’Assemblée nationale chargée d’évaluer les mesures prises par l’État depuis 2020 pour protéger les personnels éducatifs. Notre responsabilité sera simple : regarder lucidement ce qui a été fait, mesurer ce qui fonctionne et ce qui doit encore être amélioré, afin que chaque enseignant puisse exercer son métier sereinement et en sécurité.
Six ans après Samuel Paty
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était assassiné pour avoir enseigné. Trois ans plus tard, le 13 octobre 2023, Dominique Bernard était à son tour assassiné dans l’enceinte de son établissement scolaire. Ces deux drames ont profondément marqué notre École et notre pays. Ils nous rappellent surtout une responsabilité fondamentale : la République doit protéger celles et ceux auxquels elle confie la mission d'instruire et de former ses enfants.
Depuis 2020, de nombreuses mesures ont été prises. Pourtant, les personnels éducatifs restent confrontés à des situations très diverses : contestations d’enseignements, intimidations, pressions, menaces et, parfois, violences physiques.
L’Assemblée nationale estime aujourd’hui nécessaire d'établir un bilan actualisé de ces phénomènes et des réponses qui leur sont apportées. C’est dans ce contexte que la Commission des affaires culturelles et de l’éducation a créé une « Mission d’information sur les mesures et dispositifs mis en œuvre par l’État pour renforcer la protection des personnels éducatifs à la suite de l’assassinat de Samuel Paty », dont j’ai été désignée présidente.
Conformément aux équilibres politiques de l'Assemblée nationale, c'est le député Thierry Tesson (RN) qui a été désigné rapporteur.
Évaluer concrètement la protection apportée aux personnels
Le premier objectif de cette mission sera de regarder ce qui existe et d’en mesurer l’efficacité. Nous examinerons les actions engagées depuis l’assassinat de Samuel Paty : prévention des menaces, capacité de réaction de l’administration, accompagnement des personnels victimes, dispositifs de signalement et de protection, mais aussi sécurisation des établissements scolaires.
Il faudra entendre les personnels eux-mêmes, les représentants de l’Éducation nationale, les acteurs chargés de leur protection et tous ceux qui peuvent nous permettre de comprendre précisément la réalité du terrain.
Car derrière un dispositif administratif, une procédure ou un protocole, il y a toujours une question très concrète : lorsqu’un professeur est menacé, contesté ou pris pour cible en raison de son métier, se sent-il effectivement protégé et soutenu par l’institution ? C’est à cette question que nous devrons apporter des réponses aussi factuelles que possible.
Protéger les enseignants, c’est aussi protéger la liberté d’enseigner
La sécurité des personnels éducatifs ne peut pas être réduite à la seule sécurité physique des établissements. Protéger un professeur, c’est également lui garantir qu’il pourra enseigner les programmes de la République, transmettre des connaissances, développer l’esprit critique de ses élèves et faire vivre les principes de laïcité et de liberté de conscience sans avoir à redouter des pressions ou des menaces.
C’est donc aussi la liberté d’enseigner que nous devons protéger. Cette conviction a guidé mon action lorsque j’étais ministre de l’Éducation nationale et continue de guider mon engagement de parlementaire : le respect dû aux professeurs et aux personnels éducatifs constitue l’une des conditions essentielles du bon fonctionnement de notre École. Aucun enseignant, aucun personnel éducatif ne devrait exercer son métier dans la peur.
Faire œuvre utile
Une mission parlementaire n’a de sens que si elle permet de regarder la réalité telle qu’elle est et de déboucher sur des propositions concrètes. Nous chercherons donc à identifier ce qui fonctionne, les éventuelles failles qui subsistent et les améliorations qui peuvent être apportées.
À partir de cet état des lieux, la mission formulera des recommandations destinées à permettre aux personnels éducatifs d’exercer plus sereinement leur métier.
Ses conclusions sont attendues en février 2027.
Ce travail sera mené avec sérieux, méthode et responsabilité. Il devra également être conduit avec le respect qu’impose la mémoire de Samuel Paty et de Dominique Bernard.
Protéger celles et ceux qui enseignent, c’est protéger l’École. Et protéger l’École, c’est défendre l’un des piliers de notre République.