-
Nous plaidons pour que le début des cours à 9 heures devienne la référence nationale pour le collège et le lycée
Le 10 mars dernier, j'ai signé une tribune pour le journal Le Monde, avec plusieurs médecins spécialistes du sommeil, dont Stéphanie Mazza, chercheuse spécialisée dans les rythmes biologiques de l’enfant et de l’adolescent au Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Ce texte plaide pour l’adaptation des horaires scolaires aux besoins physiologiques des adolescents.
Chaque matin, des millions de collégiens et de lycéens se lèvent dans le noir, avalent un petit déjeuner ou l’escamotent, et s’installent en classe à 8 heures, arrivant parfois dès 7 h 30 dans les établissements, dans un état de réveil physiologique qui ressemble davantage à celui du milieu de la nuit qu’à un début de journée. Ce n’est pas de la paresse, ils sont simplement dans une privation de sommeil purement biologique. Et cela fait trop longtemps que nous passons outre.
Sur ce constat, la chronobiologie a tranché depuis plus de vingt ans. À la puberté, le système circadien se modifie et le rythme des adolescents se met en retard de phase. L’horloge biologique interne des adolescents se décale spontanément et plus tardivement d’une à trois heures par rapport à celle des enfants ou des adultes. C’est un phénomène neuronal, documenté par des études sur tous les continents. Un adolescent de 15 ans dont l’endormissement intervient naturellement plus tard n’est pas capable de mobiliser à 8 heures ses capacités attentionnelles, sa mémoire de travail ou son raisonnement. A contrario, s’il dormait davantage, il apprendrait mieux. C’est une évidence scientifique qui attend une décision politique.
En France, des travaux conduits avec le conseil scientifique de l’éducation nationale dans le cadre du programme Innovations ont évalué l’impact concret d’un début des cours à 9 heures au collège. Les résultats sont nets : allongement moyen du temps de sommeil, diminution de la dette accumulée, effets positifs mesurés sur la vigilance, le comportement et l’anxiété. Et fait décisif : le report de l’horaire du matin ne s’accompagne pas d’un coucher plus tardif. Le principal changement concerne l’heure de réveil.
Les co-signataires :
AUBERTIN Guillaume, Pneumo-pédiatre spécialiste des troubles du sommeil, CHU Armand-Trousseau, AH-HP, Paris BIOULAC Stephanie, Psychiatre spécialiste du sommeil de l’enfant et de l’adolescent, CHU de Grenoble CHALLAMEL Marie-Josèphe, Pédiatre, spécialiste du sommeil de l’enfant COUTIER Laurianne, Médecin du sommeil, service de pneumologie pédiatrique, hôpital femme mère enfant, Lyon DAUVILLIERS Yves, Président de la Société Française de recherche et médecine du Sommeil (SFRMS), Neurologue, Responsable de l'Unité du Sommeil, CHU Montpellier, Paris ESCOURROU Pierre, Cardiologue et somnologue, Paris FAUROUX Brigitte, Pneumopédiatre, chef du service du sommeil de l’enfant à l’hôpital Necker Enfants-malades, Paris FRANCO Patricia, Pédiatre, médecine du sommeil, Centre de Référence Maladies Rares: Narcolepsies-Hypersomnies Rares chez l'enfant, HFME, Lyon GEOFFROY Pierre Alexis, Psychiatre spécialiste du sommeil à l’hôpital Bichat, Paris GRONFIER Claude, Chronobiologiste, spécialiste du sommeil, Directeur de recherche INSERM au Centre de recherche en neurosciences de Lyon GUICHARD Kelly, Psychiatre spécialiste du sommeil à Bordeaux GUIGNARD-PERRET Anne, Médecin du sommeil, Centre de Référence Maladies Rares: Narcolepsies-Hypersomnies Rares chez l'enfant, HFME, Lyon HARTLEY Sarah, Médecin du sommeil, Service de Physiologie et Explorations fonctionnelles, Hôpital Raymond-Poincaré, Paris LAUNOIS Sandrine, Pneumologue spécialiste du sommeil Présidente du Réseau Morphée, LECENDREUX Michel, Pédopsychiatre, Centre Pédiatrique des Pathologies du Sommeil et Centre de Référence Narcolepsie et Hypersomnies, Hôpital Universitaire Robert-Debré, Paris LEVY Patrick, Pneumologue spécialiste du sommeil, membre de l’Académie Nationale de Médecine MICOULAUD FRANCHI Jean-Arthur, Psychiatre spécialiste du sommeil, Bordeaux PHILIP PIERRE, Médecin du sommeil, Chef du service de médecine universitaire du sommeil au CHU de Bordeaux PLANCOLAINE Sabine, Médecin de Santé Publique, spécialiste du sommeil, épidémiologiste POIROT Isabelle, Psychiatre spécialiste du sommeil au CHU de Lilles PUTOIS Benjamin, Psychologue, Centre de recherche en neurosciences de Lyon RANCILLAC Armelle, Chercheur Inserm au Collège de France RAUCHS Géraldine, Directrice de recherche INSERM au centre Neuropresage à Caen REY Amandie, Enseignant Chercheur en psychologie au Centre de recherche en neurosciences de Lyon ROYANT PAROLA Sylvie, Psychiatre spécialiste du sommeil à Paris SCHRÖDER Carmen, Psychiatre spécialiste du sommeil, cheffe du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg TAILLARD JACQUES, chercheur au laboratoire CNRS Sanpsy, Bordeaux