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Rentrée scolaire 2026 : préparer l’École de demain

La rentrée 2026 s’ouvre pour près de 12 millions d’élèves en France, tandis que les élèves du réseau d’enseignement français à l’étranger retrouvent eux aussi progressivement leurs classes. Nouveaux programmes, formation des enseignants, inclusion, généralisation du « portable en pause » : cette rentrée comporte plusieurs évolutions concrètes. Mais les transformations profondes dont notre École a besoin restent devant nous. Elles seront au cœur de mon travail parlementaire dans les prochains mois. 

Une rentrée pour apprendre et retrouver un cadre

 Je veux d’abord souhaiter une excellente rentrée à tous les élèves, aux familles, aux enseignants et à l’ensemble des personnels éducatifs

En France, la rentrée 2026 s’organise autour de trois priorités fixées par le ministère : instruire, protéger, unir. Elle poursuit notamment le déploiement de nouveaux programmes, la réforme de la formation initiale des enseignants et le renforcement de l’École inclusive. 

Un changement sera particulièrement visible : la généralisation du dispositif « Portable en pause » dans les lycées, après son déploiement dans les collèges. L’objectif est que les téléphones restent rangés et ne puissent pas être utilisés pendant le temps scolaire, selon des modalités définies par chaque établissement. Je soutiens cette orientation. Le numérique est un formidable outil lorsqu’il est maîtrisé ; il devient un obstacle lorsqu’il capte en permanence l’attention. L’École doit rester un lieu où l’on peut apprendre, réfléchir, échanger et se concentrer à l’abri des sollicitations permanentes des écrans.

Mais ne nous y trompons pas : ces mesures ne suffiront pas à répondre aux difficultés structurelles de notre système éducatif. La France doit retrouver une ambition beaucoup plus forte pour son École : élever le niveau, réduire les inégalités, restaurer l’attractivité et l’autorité du métier d’enseignant, mieux protéger les personnels et adapter notre organisation aux transformations démographiques. 

Notre École a besoin d'un cap clair, de changements structurels profonds et de stabilité. À l’approche d’une année électorale majeure, les conditions ne sont pas réunies pour engager en quelques mois une véritable transformation pourtant indispensable. Cela ne doit surtout pas nous empêcher d'en débattre et de la préparer. 

Budget, enseignants, démographie : préparer les réformes de demain 

C’est précisément l’objet d’une part importante du travail parlementaire que je conduirai dans les prochains mois. Comme rapporteure pour avis du budget 2027 de l’enseignement scolaire, j’examinerai les moyens consacrés à l’École, mais surtout la manière dont ils répondent à ses priorités. Je souhaite porter une attention particulière à la rémunération et à la reconnaissance des enseignants. Des revalorisations ont été engagées ces dernières années. Elles sont réelles, mais les moyennes peuvent masquer des situations très différentes selon l’ancienneté, le statut ou les missions exercées. 

La question dépasse d’ailleurs le seul salaire : elle concerne la place que notre société accorde au professeur. 

Je poursuivrai parallèlement les travaux de la mission que je préside sur la protection des personnels éducatifs après l’assassinat de Samuel Paty et participerai, comme vice-présidente, à la mission sur le maillage scolaire à l’épreuve du défi démographique. Car la baisse du nombre d’élèves va profondément transformer notre système. Selon les projections du ministère, les premier et second degrés pourraient accueillir près de 1,7 million d’élèves de moins entre 2025 et 2035

Cette évolution ne doit être ni subie ni regardée uniquement comme une source d’économies. Elle nous donne aussi l'occasion de repenser l’organisation de l’École, les conditions d’enseignement et la présence scolaire dans les territoires. 

À l’étranger, consolider un réseau exceptionnel 

Cette rentrée est enfin celle des quelque 400 000 élèves du réseau d’enseignement français à l’étranger, présent dans plus de 600 établissements à travers le monde. Ce réseau est unique. Il permet aux enfants français de poursuivre une scolarité conforme à nos programmes et accueille une large majorité d’élèves étrangers. Il constitue ainsi l’un des instruments les plus durables de notre influence : apprendre dans un lycée français, c’est aussi découvrir notre langue, notre culture, l’esprit critique et une certaine conception de l’universalisme. 

Mais ce succès ne doit pas masquer les difficultés. Le modèle construit autour de l’AEFE doit aujourd’hui évoluer face aux contraintes financières, aux attentes nouvelles des établissements et des familles et à une concurrence éducative internationale croissante. 

Je considère cette réforme comme une priorité. J’ai rencontré fin juillet le nouveau directeur général de l’AEFE, appelé à piloter cette transformation, et ai pu évoquer avec lui la situation de plusieurs établissements de notre circonscription. 

Je serai particulièrement vigilante à ce que la réforme consolide le réseau sans faire des établissements et des familles la variable d’ajustement de ses difficultés financières

Je reste également à la disposition des établissements qui souhaitent être accompagnés dans leurs échanges avec l’Agence.

L’enjeu n’est pas de réinventer ce qui fonctionne. Il est de donner à ce réseau les moyens de continuer à réussir dans un monde qui change. 

En France comme à l’étranger, cette rentrée doit donc nous servir à préparer la suite : l’École a besoin de décisions structurelles, mais surtout d’une ambition et d’une stratégie de long terme.


Crédit photo : © Ministère de l’Éducation nationale