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Bilan

4 ans pour réduire les inégalités de destin

22 juin, 2021

Lorsque Emmanuel Macron et sa nouvelle majorité sont arrivés au pouvoir en 2017, la situation sociale de la France était dégradée. Chômage de masse, inégalités de destin, difficulté à accéder aux mêmes opportunités, qu’en est-il aujourd’hui ?  

En 2017, le projet de La République En Marche consistait à rendre possible le fait que tous les Français puissent construire librement leur vie avec les mêmes chances pour tous. Le président de la République avait fait ce constat difficile : “Selon l’endroit où vous êtes né, la famille dans laquelle vous avez grandi, l’école que vous avez fréquentée, votre sort est le plus souvent scellé“.  

Le projet lancé depuis le début du mandat est un projet de long terme; s’il connaît ses premiers résultats aujourd’hui, il doit se déployer sur une génération toute entière pour ensuite porter ses fruits au bénéfice des générations futures. Et parce que la vie est un continuum, de génération en génération, notre politique prend en considération chaque âge, chaque étape de la naissance jusqu’à la vieillesse et la fin de vie en passant par l’enfance, la jeunesse, les années de formation, les années de vie active puis la préparation de la retraite.  

Quelle est votre priorité pour une France plus solidaire? 

Bien entendu, le premier défi consistait à remettre la société française au travail. Trouver des réponses au chômage de masse était l’un de nos engagements prioritaires. En moyenne sur 2016, le taux de chômage s’établissait à 10,1 % de la population active en France. Avant la crise du Covid, nos politiques (assouplissement du marché du travail, renforcement de la compétitivité et réforme de la formation et de l’apprentissage) avaient donné des résultats très encourageants puisque le taux de chômage fin 2019 était de 8%, du jamais vu depuis 15 ans. La pandémie a rebattu les cartes mais nos fondamentaux étaient solides et avec le plan de relance et le chômage partiel, le gouvernement a réussi à protéger l’emploi en France avec un taux de chômage de 8% au dernier trimestre 2020 (Données INSEE). L’emploi, l’emploi, l’emploi, c’est la pierre angulaire de notre mandat depuis le premier jour. En restaurant la compétitivité, l’attractivité de notre pays et en flexibilisant le marché du travail, tout en renforçant l’accès à la formation ou à l’apprentissage, nous avons donné une impulsion significative pour créer des emplois en France. Cela a toujours été la priorité à la fois pour répondre à la crise sociale et pour répondre à l’aspiration de chacun à vivre dignement. 

Pour lutter contre les inégalités de destin, quelles mesures avez-vous mises en place? 

Concrètement, la politique que nous avons menée au service de tous les âges de la vie s’est matérialisée par plusieurs mesures fortes comme le congé paternité, le dédoublement des classes, de nouvelles aides pour les jeunes…  

Afin d’accompagner les familles lors de la naissance d’un enfant, mais aussi de favoriser le lien du nourrisson avec ses deux parents, nous avons allongé le congé de paternité de 11 jours à 28 jours à compter de juillet 2021. 

Vient ensuite l’école, qui est le lieu par excellence de promotion de l’égalité des chances et un outil formidable de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. L’école donne à chacun les mêmes outils On le sait, les premières années d’écoles, celles des apprentissages fondamentaux, sont décisives. Or c’est aussi durant cette période que s’installent durablement les inégalités si on ne s’y attaque pas. 

Et tout commence avec le langage, l’étendue du vocabulaire, la maîtrise de la lecture et de l’écriture, C’est pourquoi, dès notre arrivée au pouvoir, en 2017 l’une des toutes premières mesures a été de dédoubler les classes de CP puis de CE1 en 2018 dans les zones d’éducation prioritaire où les inégalités de destin étaient les plus criantes. 

C’est près de 11.000 classes qui ont été ainsi créées entre 2017 et 2019, bénéficiant à 300.000 élèves, soit 20% d’une classe d’âge. Parallèlement, les enseignants concernés reçoivent une formation renforcée. 

Pourquoi cette action sur les premières années d’école vous a-t-elle frappée? 

Cette mesure est un pari sur l’avenir. Nous pourrons en évaluer la pleine efficacité dans plusieurs années, mais nous en voyons déjà les premiers effets positifs. Dès la première année de sa mise en œuvre, le dispositif permettait déjà une baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté de 7,8% pour le français et de 12,5% en mathématiques. Une mesure dont les effets se voient sans aucun lien avec des échéances électorales, ça s’appelle du courage politique. 

“Remettre la France au travail”,  concrètement ça veut dire quoi? 

Sur la  jeunesse par exemple, qui est l’avenir de notre pays, à l’été 2020,  nous avons lancé le programme “un jeune – une solution”  doté de 9 milliards d’euros pour l’aide à l’embauche, la formation de ceux qui n’ont pas de diplômes, des aides financières pour joindre les deux bouts quand on se forme,  des programmes pour aller chercher ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail, bref accompagner un maximum de jeunes vers l’autonomie et la dignité par le travail. 

Mais le travail doit aussi “payer” et d’autres mesures ont été prises en ce sens. Par exemple, les heures supplémentaires ont été exonérées de charges. Pour accompagner les salariés les plus précaires, mais aussi les autoentrepreneurs et les agriculteurs, la prime d’activité a été relevée de 90 euros en 2019 et le nombre de bénéficiaires a progressé de 52% en un an. Pour les indépendants, les charges ont été diminuées. Cela représente par exemple pour un indépendant gagnant l’équivalent d’un SMIC un gain de 270 euros par an. 

La solidarité fait aussi le ciment d’un pays. Qu’avez-vous fait pour la renforcer? 

Pour renforcer les solidarités, je n’y reviens pas mais l’emploi reste la « mère de toutes les batailles ». En la matière, nous avons donné de l’oxygène au pays et nous avons tout mis en œuvre pour ne rien lâcher pendant la pandémie en 2020. Ainsi, au regard des perspectives pour fin 2021 et 2022, nous pouvons être optimistes. 

Une mesure phare de la solidarité, promise par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, c’est le reste à charge zéro sur les lunettes, prothèses dentaires et appareils auditifs. C’est une promesse tenue avec une prise  en charge à 100 % par la Sécurité sociale et les complémentaires santé, donc sans reste à payer pour les patients. L’objectif de ce « reste à charge zéro », baptisé « 100 % santé », est de favoriser l’accès aux soins, notamment pour les assurés sociaux les plus démunis, et faire reculer les inégalités de santé. 

 S’il n’y avait qu’une seule mesure à retenir ?  

La stratégie nationale de prévention et d’action contre la pauvreté, qui a pour ambition d’agir contre les inégalités de destin pour conduire à une égalité des chances réelle. Pour ce faire, 8,5 milliards d’euros sont consacrés à cette stratégie ambitieuse dont les maitres-mots sont “prévention” et “accompagnement”. On en a malheureusement assez peu parlé alors que ce plan est très ambitieux.  

Quel est le plus grand défi qui reste à relever ? 

Notre système social mis en place il y a près de 70 ans, est un cadeau que nous ont offert les générations précédentes, celle de mes grands-parents pour ma part. Une génération visionnaire sauf qu’aujourd’hui il faut regarder la réalité en face. S’agissant de la retraite par exemple, certains choix politiques, légitimes il y a 30 ou 40 ans, ont beaucoup vieilli et ne répondent plus aux problématiques contemporaines: il faut se rendre à l’évidence, le système n’est pas pérenne et sans réforme, nos enfants et petits-enfants devront faire d’énormes sacrifices pour recevoir une retraite: cotisations astronomiques, pensions très faibles ou âge de retraite canonique, telle sera la rançon de l’irresponsabilité des générations aujourd’hui au travail si nous ne faisons rien. C’est donc tout l’enjeu de la réforme des retraites. On peut raconter toutes les histoires que l’on veut, en l’état notre système de retraite n’est financièrement pas viable. La retraite pour tous à 60 ans, c’est une idée dangereuse qui n’est plus crédible dans un pays déjà lourdement endetté. Lorsque l’on regarde la pyramide des âges, on comprend que c’est simplement insoutenable pour la génération des 20 – 40 ans qui ne pourra  pas payer les retraites de ses aînés et qui, à ce rythme là, n’aura pas de retraite pour elle-même. Dans une note publiée à l’automne 2020, le Conseil d’orientation des retraites (Cor) annonçait un déficit du régime de 25,4 milliards d’euros en 2020. La « politique de l’autruche » atteint ses limites. En la matière, nous avons dû faire face à beaucoup de désinformation. Le sujet des retraites est manipulé par les uns et les autres pour faire tomber les gouvernements en place. Cette vision de la politique est mortifère et nous conduit droit dans le mur.  

A ce défi du financement, s’ajoute une autre problématique:  notre système de retraite est profondément inégalitaire.  Les femmes, les personnes à temps partiels, les salariés du secteur privé et les indépendants sont les grands perdants. La majorité présidentielle portait à cet égard un projet ambitieux, une réforme des retraites selon laquelle chaque euro cotisé donnerait accès aux mêmes droits, que l’on soit fonctionnaire, auto entrepreneur, employé, ouvrier, à plein temps ou à temps partiel, cadre, chef d’entreprise… Cette réforme n’a pas pu être menée au bout et je le regrette, car ce projet était avant tout un projet de justice sociale entre les différentes formes de travail. 

Néanmoins, je me réjouis d’avoir voté la suppression du régime spécial des députés. Le système précédent était inique. Comment être pris au sérieux par les Français quand on n’est pas capable d’un minimum d’exemplarité?  Les députés sont désormais au régime général. 

Quel regard portez-vous sur la société française? 

Vivant à l’étranger depuis des années, je ne percevais pas à sa juste mesure les fragmentations du tissu social de notre pays. Lorsque mes enfants sont partis faire leurs études supérieures en France il y a plus de dix ans, j’ai mesuré le budget nécessaire pour offrir à un jeune un parcours d’études sans qu’il ait besoin de chercher un petit boulot à côté (études, logement, vie quotidienne): on dépasse très vite un tiers du salaire médian en France (1780€) par enfant. Et beaucoup de formations, d’écoles de qualité ne sont pas accessibles parce qu’elles sont privées et chères. C’est un point qui m’a d’ailleurs frappée; je suis une enfant du secteur public, de la maternelle à mon diplôme de médecin, mes études n’ont jamais rien coûté à mes parents et j’ai découvert l’explosion des formations privées avec mes enfants, une profonde inégalité des chances dans notre société pour la classe moyenne notamment, celle qui n’a pas accès aux bourses. Comment peuvent faire les familles de 2 ou 3 enfants en études supérieures?  

La crise des Gilets jaunes faisait écho à mon questionnement et m’a profondément bouleversée. Sans doute son terreau est-il le même que celui des « Brexiters », même si elle n’a pas les mêmes conséquences : sentiment de déclassement, de décrochage, perte de sens, peur de l’avenir… A l’évidence,  angoisse et ressentiment nourrissent une colère sociale . Nous y avons répondu : baisses d’impôts des classes moyennes, revalorisations salariales, conventions citoyennes. Bien sûr, nous avons aussi fait des erreurs comme sur les APL en début de mandat, sans oublier la hausse des carburants qui a mis le feu aux poudres. Tous les acteurs de la vie publique doivent être conscients que nous sommes à un point de rupture, à un moment de profonds bouleversements que la pandémie n’a fait qu’accélérer. Nous devons plus que jamais être à l’écoute, dialoguer et rendre des comptes. Le médecin que je suis dirait que l’élu doit en permanence prendre le pouls de nos concitoyens dans toutes leurs composantes: c’est aussi pour cela que j’ai choisi de m’engager localement, dans un petit village rural où je développe ma connaissance de la société française sous tous les angles; car si je suis élue d’une circonscription, je suis avant tout élue de la Nation. 

Quelles perspectives pour les politiques de solidarité en France ?  

Nous avons besoin de réinventer notre modèle de développement en investissant dans l’éducation et la recherche, en réindustrialisant le pays, en renforçant l’Europe – meilleur rempart pour nous protéger des excès de la mondialisation et en repensant notre modèle social. Nous avons besoin d’un modèle social qui protège mieux les Français, tout en étant solide financièrement. Je l’évoquais plus haut, une réforme du système de retraites sera indispensable. Le vieillissement de la population et son corollaire, la dépendance, est l’autre défi à relever: pour couvrir ce risque, nous avons créé la cinquième branche de l’Assurance maladie c’est une avancée majeure. La santé, la qualité des soins, l’accès aux soins est aussi un enjeu essentiel pour lequel je souhaite qu’on développe une plus grande agilité qui impose de “dé-bureaucratiser” notre système. Enfin, les politiques sociales doivent être plus efficaces, mieux évaluées, mieux contrôlées, plus ciblées, tout en traquant les abus. Il faut aussi sortir une partie des Français de la dépendance aux aides sociales notamment en créant de l’emploi et de l’activité en France. Bref, il reste beaucoup de travail mais nous avons déjà posé beaucoup de jalons.  

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