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Accélérons: deux nouvelles réunions pour repenser notre économie

Retour sur les deux dernières réunions du groupe transparaissant « Accélérons la transition écologique » auquel j’appartiens.

Une rencontre pour aller vers une société plus juste et décarbonée

Anticipant les conséquences profondes de la crise sanitaire sur la société française, le collectif  a invité Anne Bringault, Responsable transition énergétique au Réseau Action Climat (RAC) et Claire Tutenuit, Déléguée générale de Entreprises pour l’environnement (EpE) à échanger sur la relance verte, le mercredi 05 mai 2020.

Comment tirer les enseignements de de cette crise et aller vers une société plus résiliente ?

Mondialisation accélérée, destruction de la vie sauvage et impact sur la santé humaine, … les alertes des scientifiques n’ont pas toujours été entendues. Personne n’avait imaginé qu’une grande partie de la planète allait devoir être confinée et pourtant nous avons été capables de mettre en place des mesures draconiennes.

Pour nos interlocuteurs, la feuille de route des entreprises doit être maintenant compatible avec la relance verte avec un sujet sur la relocalisation des productions industrielles et agricoles et la transformation de notre appareil productif. Le cadre économique doit permettre de réduire les niches fiscales, d’utiliser les fonds européens et l’investissement publique pour accompagner la transition écologique. Une relocalisation serait importante à l’échelon européen. Les français sont en attente d’un changement de cap. Lors du Grenelle de l’environnement, beaucoup de propositions ont été faites. Il faut s’appuyer sur les modalités de mise en œuvre.

Comment faire de ce choc une opportunité de transition ?

Il est clair que les des entreprises devront mieux intégrer l’environnement dans leurs stratégies. Certains secteurs sont directement concernés et susceptibles de créer des emplois : la rénovation des bâtiments pour mettre fin aux passoires thermiques, les transports, l’énergie, l’agro-alimentaire…

Retrouver ou réduire notre dépendance énergétique ou alimentaire, tendre vers une société plus juste, réduire la précarité et les inégalités, tels sont les défis qui nous attendent dans le monde de demain qui ne sera pas comme l’a déclaré le Président de la République « un retour au jour d’avant”.

Un échange sur la politique monétaire et la transition écologique face à la crise du Covid-19

La crise du COVID-19 a obligé la Banque centrale européenne (BCE) à prendre une série de mesures d’urgence qui viennent soutenir l’action budgétaire des Etats et garantir la liquidité des marchés, permettant le financement des entreprises via l’octroi de prêts bancaires. 

Dans ce contexte, l’intervention de la BCE est d’une importance historique : elle permet l’injection de 1 050 milliards d’euros sur les marchés et la disponibilité de 3 000 milliards en liquidités. 

Paul Schreiber, chargé de campagne Reclaim Finance , Wojtek Kalinowski, co-directeur, Institut Veblen et Erwan Malary, chargé de plaidoyer finance et transition écologique, Le Secours Catholique (Caritas France) ont présenté  les éléments de réponse à court terme apportés par la BCE , à l’occasion d’un webinaire organisé par Matthieu Orphelin et Dominique Potier le 07 mai 2020.

Les actions de la BCE face à la crise : comment y intégrer la transition écologique ?

Les mesures d’urgence de la BCE de rachats d’actifs vont permettre de garantir la stabilité, d’ajuster la quantité de liquidités sur le marché, d’assurer la résistance et la résilience du système financier. C’est un soutien massif de l’économie mais pour nos interlocuteurs, cela ne répond pas au problème structurel de financement de la transition écologique.

Si les effets à court terme sont positifs et éloignent le risque d’une crise financière, sur le long terme cela ne suffira pas pour relancer l’économie réelle. Le programme d’achat des actifs est ouvert à tous les secteurs d’activité et ils considèrent que la part de la transition écologique est très faible dans ces programmes.

Deux approches qui s’affrontent : 

  • L’approche consensuelle restreinte sur les types de risque que le changement climatique fait porter (risque de de catastrophe naturelle, risque de transition, risque en responsabilité)
  • ou une approche proactive pour la BCE où la lutte pour la transition écologique ferait partie intégrante de son mandat.

L’approche étendue serait difficile à mettre en place. Le risque climatique est encore abstrait pour les banques !

La BCE peut agir pour moduler ses outils avec des critères alternatifs. Les parlementaires français doivent être partie prenante et avoir un rôle d’influence (relais auprès des citoyens), de positionnement symbolique, de transparence et de surveillance.

Le défi sera d’aligner rentabilités financière et sociale. La BCE a un rôle clé à jouer à travers le « verdissement » de ses outils et pour réorienter les flux financiers dans le sens de la transition écologique.

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