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Vers une assurance chômage plus efficace

Le monde du travail évolue. Progressivement, nous sommes sortis du schémas d’un modèle, celui de la carrière linéaire, en CDI, dans la même entreprise. Du tout CDI, nous sommes passés à une génération de slashers, de microentrepreneurs travaillant via des plateformes de la nouvelle économie upérisée, et malheureusement souvent de travailleurs précaires. La réforme de l’assurance chômage à venir est là pour protéger qui en ont le plus besoin, ceux qui n’avaient jusque là pas accès à l’assurance chômage. Il vient rééquilibrer notre système qui n’est plus adapté aux transformations qu’a subi le marché de l’emploi. 

Lutter contre le chômage, la première de nos priorité

Avant toute chose, soyons clairs sur un point: nous ne voyons en aucun cas le chômage de masse comme une fatalité, un invariant auquel il faudrait s’habituer. Notre majorité n’est pas en guerre contre les chômeurs, elle est en guerre contre le chômage.

Notre objectif premier n’est pas d’améliorer le quotidien de celles et ceux que l’on maintiendrait éloignés de l’emploi, mais de lutter efficacement contre ce fléau, en fluidifiant le marché du travail, en misant sur la formation, et surtout en renforçant l’attractivité de notre pays pour les entrepreneurs et investisseurs français et étrangers.

Et notre politique porte ses fruits. Le taux de chômage n’a jamais été aussi bas depuis 10 ans et notre pays gagne en attractivité, comme le montre le dernier rapport d’EY. 

Faciliter la mobilité professionnelle et la prise de risque

L’une des ambition d’Emmanuel Macron est de faciliter la mobilité professionnelle des Français, de sortir de ce clivage entre les insiders, protégés par un CDI, et les outsiders, chômeurs, petits entrepreneurs, intérimaires ou enchaînant les contrats courts.

Pour cela, la réforme de l’assurance chômage entend promouvoir la prise de risque en apportant une meilleure protection à ceux qui n’en avaient aucune. Désormais, les indépendants pourront sans cotisation supplémentaire être indemnisés durant 6 mois en cas de cessation de leur activité, ce qui n’était jusque là pas le cas. 

Autre mesure pour inciter à la mobilité, les salariés occupant leur emploi depuis au moins cinq ans pourront prétendre aux allocations chômage s’ils démissionnent pour réaliser un projet professionnel. Il seront de plus accompagnés dans ce projet. 

Accompagner vers le retour à l’emploi

Nous croyons en la formation et l’accompagnement comme leviers efficaces pour lutter contre le chômage. Mais ceux-ci doivent être adaptés, ciblés pour être efficaces. Parmi les mesures prévues dans la réforme de l’assurance chômage, tous les demandeurs d’emploi ayant reçu une proposition d’emploi stable mais qui doivent préalablement mettre à niveau leurs compétences pourront bénéficier d’une formation sur-mesure correspondant à la proposition.

Les premiers mois de chômage étant décisifs, un accompagnement intensif de deux demi-journées pourra être offert aux demandeurs d’emploi dans les 4 semaines après leur inscription à Pôle Emploi. 

Les travailleurs précaires, alternant depuis parfois des années entre temps partiel et chômage ont longtemps été mis au second plan, au prétexte qu’ils ont déjà un pied dans le monde de l’emploi. Désormais, un suivi particulier et adapté à leur situation leur sera fourni par Pôle Emploi.

Au total, 1000 conseillers supplémentaires seront engagés, portant leur nombre à 4000.

Rationaliser les allocations

Gagner plus au chômage qu’en travaillant, voilà une situation illogique à laquelle la réforme de l’assurance chômage entend remédier. Le mode de calcul des indemnité va évoluer. Il sera basé sur les revenus de travail et non sur le nombre de jours travaillés.

Les indemnités des cadres dont le salaire dépassait 4500 euros par mois seront plafonnées à 2261 euros à partir du 7ème mois d’indemnisation. Le temps de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une indemnisation va également être augmenté. Il faudra désormais avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois (contre 4 sur 28 aujourd’hui).

Faire contribuer les entreprises qui ne jouent pas le jeu

87% des embauches en France se font en CDD ou en intérim. C’est effectivement beaucoup. Il faut rester pragmatique. Les CDD et contrats courts ont leur place dans notre économie. Nos entreprises ont besoin de pouvoir embaucher ponctuellement, d’adapter leurs équipes à leurs besoins, leurs commandes, leurs activités. Les petites entreprises et les secteurs d’activités saisonnières sont les plus concernés.

Mais certaines entreprises abusent des contrats courts et les utilisent non pas pour palier à un besoin ponctuel, mais pour éviter d’avoir à s’engager vis-à-vis de leurs employés. 85% des CDD de moins d’un mois correspondent à une réembauche chez le même employeur. Beaucoup d’entreprises dévoient le but initial de notre système, faisant alterner leurs employés entre des périodes d’emploi et de chômage.

C’est pourquoi la réforme de l’assurance chômage prévoit de mettre en place un système de « bonus – malus » afin de faire contribuer plus fortement au système d’assurance chômage les entreprises de plus de 11 employés ayant trop recours à ces contrats courts.

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