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Etudiants étrangers: un accueil qui a un coût

Ces dernières semaines, j’ai vu s’élever des professeurs d’Universités, des journalistes et des personnalités politiques contre la stratégie « Bienvenue en France » mise en place par le Gouvernement pour renforcer l’attractivité des universités françaises pour les étudiants étrangers. La mesure qui fait grincer quelques dents: la hausse significative des frais de scolarité pour les étudiants extérieurs à l’Union Européenne. S’il est important pour notre pays de se montrer attractif aux étudiants et chercheurs du monde entier, il faut également se montrer pragmatique. 

 

Une année d’études coûte bien plus que 170 euros

Tout d’abord, une petite mise au point. Ce n’est pas réellement le prix des études qui passera bientôt de 170 à 2770 euros (3770 pour les masters), mais plutôt la charge incombant à l’étudiant. Dans l’enseignement supérieur public, un étudiant coûte entre 10 000 et 15000 euros par an, bien au-dessus des frais d’inscription généralement affichés. En réalité, si notre système universitaire semble si accessible, c’est qu’il est financé en quasi-totalité par la puissance publique. Et même après l’augmentation significative des frais de scolarité des étudiants hors UE, ces derniers ne continueront à financer qu’un tiers de leurs études, les deux autres tiers étant toujours supportés par les contribuables français.

 

Le nombre d’étudiants en mobilité internationale devrait doubler d’ici à 2027

La mobilité internationale des étudiants s’intensifie. La France est un pays d’accueil important, avec près de 350000 étudiants internationaux l’an dernier, en hausse de 4,5%. Nombre de nos compatriotes partent également faire leurs études à l’étranger. Au sein de l’Union Européenne, les échanges sont facilités, notamment grâce à des programmes comme Erasmus, mais aussi en garantissant des droits égaux entre étudiants issus des différents pays de l’Union. L’Europe protège les européens et leur assure une égalité de traitement.

Si l’accueil d’étudiants étrangers est un investissement pour notre influence dans le monde, cela a un coût. Nous avons besoin de moyens pour assurer un meilleur accueil à ces étudiants qui font le choix de la France, pour renforcer les formations en Français Langue Étrangère ou dispensées en anglais, pour faciliter la délivrance des visas et titres de séjour, l’hébergement des étudiants venus pour quelques semaines ou plusieurs années. Une enveloppe de 25 millions d’euros sera débloquée afin de développer l’enseignement français à l’étranger, c’est-à-dire l’implantation de nos établissements directement dans d’autres pays.

 

Faire venir les étudiants les plus méritants

La France ne manque pas d’étudiants étrangers. Nous sommes même le premier pays non-anglophone à accueillir le plus d’étudiants étrangers au monde. Je n’ai aucun doute sur l’attractivité de nos écoles et universités. J’espère néanmoins que la quasi-gratuité de notre enseignement supérieur n’est pas notre seul argument pour attirer les étudiants étrangers en France. Oui, il est possible de rester attractifs tout en faisant participer les étudiants étrangers aux frais de leurs études à une juste mesure. 

Bien entendu, les meilleurs étudiants, ne sont pas forcément les plus fortunés. C’est pourquoi cette augmentation des frais de scolarité des étudiants étrangers s’accompagnera en même temps d’une exemption de frais d’inscription pour les étudiants les plus méritants (14.000 prévues pour 2019) ainsi que de nombreuses bourses au mérite permettant aux meilleurs éléments de venir se former chez nous. Notre but est d’attirer les meilleurs étudiants du monde et non pas d’attirer à grands frais le plus grand nombre d’étudiants possible.

 

Un dispositif qui peut encore être amélioré

Pour autant, il y a un point sur lequel je ne suis pas pleinement satisfaite dans ce plan: la non-prise en compte de la résidence fiscale des étudiants étrangers et de leur famille dans l’évaluation de leurs frais de scolarité. Car s’il est normal que des familles chinoises, américaines ou sud-africaines n’ayant jamais vécu ni payées d’impôts en France doivent contribuer plus pour envoyer leurs enfants étudier en France sur de courtes périodes, je ne trouve pas juste de ne pas les distinguer de familles étrangères ou binationales, vivant en France durablement et y payant des impôts. De plus, permettre aux personnes installées durablement en France, quelle que soit leur nationalité, est un enjeu d’intégration, de mobilité sociale parfois aussi

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Mona

Bonjour Anne.
De nombreux jeunes non Français font leurs études et passent leur bac dans un établissement de l’AEFE. Pourquoi ces jeunes, qui sont déjà parfaitement francophones ne bénéficieraient-ils pas d’un aménagement pu de tarifs intéressant?
En faisant leurs études supérieures en France il y a fort à parier qu’ils vont continuer à participer « au rayonnement de la France ».
Cordialement Mona la Cour, parent élu, Lycée Condorcet de Sydney

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