Entre le 13 et le 17 juin, je me suis rendue en Iran dans le cadre d’un déplacement de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée nationale.

Il s’agit du premier déplacement que j’effectuais dans ce pays depuis ma nomination à la présidence du groupe d’amitié France – Iran à l’Assemblée. Mon rôle en tant que présidente de ce groupe d’amitié est de représenter le peuple français auprès des parlementaires iraniens, eux mêmes représentants de leur Nation.

Présentation du compte rendu de notre déplacement en Commission des Affaires étrangères

Un contexte difficile

Comme vous le savez, ce déplacement s’est effectué dans des conditions géopolitiques délicates du fait de la montée des tensions (et des sanctions) des Etats-Unis envers l’Iran. Alors que nous étions sur le territoire iranien, deux tankers ont subi une attaque non-revendiquée en mer d’Oman. Quelques jours plus tard, un drone américain a été abattu par l’armée iranienne, car il aurait été aperçu dans leurs eaux territoriales. En réponse, une attaque américaine aurait été lancée puis arrêtée à quelques minutes près par le Président des Etats-Unis, Donald Trump. 

Depuis le début de la crise, c’est la population iranienne qui subit les conséquences. L’inflation est passée 70 à 200% selon les produits depuis la dénonciation par les Etats-Unis du JCPOA, l’accord sur le nucléaire iranien. Les salaires ne suivent pas cette inflation. La production industrielle est en baisse et les impôts en hausse. L’Iran fait face à une pénurie de matières premières.

Des rencontres fortes

Dans ce contexte tendu, j’ai pris un premier contact avec le pays, loin des caricatures : son histoire millénaire, la richesse de sa culture, ses problématiques actuelles. Ce voyage a bien entendu été l’occasion de nombreuses entrevues et réunions de travail, tant avec les autorités iraniennes que nos services diplomatiques sur place.

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Parmi ces rencontres, nous nous sommes notamment entretenus avec le Président du Parlement iranien, M. Ali Laridjani, ainsi que  le Président de la Commission des Affaires étrangères M. Hechmatollah Falahat-Picheh.

J’ai également rencontré mon homologue au Madjles (le Parlement iranien), M. Kazem Djalali, président du groupe d’amitié Iran – France, avec qui nous avons évoqué les possibilités de coopérations culturelles, scientifiques et universitaires entre nos deux pays.  

Rencontre avec mon homologue au Madjles, M. Kazem Djalali, président du groupe d’amitié Iran – France

Notre délégation a également rencontré d’autres acteurs de la diplomatie franco-iranienne, notamment le Vice-ministre des Affaires étrangères, M. Abbas Araqchi, la Vice-présidente chargée des droits des femmes et des affaires familiales, Mme Massoumeh Ebtekar, ou encore le Maire de Kashan, M. Saïd Abrishamirad.

Enfin, j’ai pu m’entretenir avec les représentants français en Iran, dont je tiens à saluer le travail remarquable dans un contexte difficile.

A l’Ambassade de France à Téhéran, auprès de la communauté française.

Quel avenir pour les relations entre la France et l’Iran?

Alors que pouvons-nous faire, Français, Européens? Que devons-nous faire de nos relations face à l’Iran? La France soutient toujours l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (ou JCPOA). C’était d’ailleurs l’un des messages que voulait faire passer notre délégation. Notre volonté est bien de maintenir des relations diplomatiques et commerciales, malgré l’asphyxie voulue par Donald Trump. 

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis en place un système d’échanges (appelé INSTEX) permettant de commercer avec l’Iran sans utiliser le dollar américain, et donc de contourner les sanctions. L’INSTEX n’est pas encore opérant. J’ai bon espoir qu’il puisse bientôt être à la fois une soupape économique pour l’Iran et un outil de souveraineté économique pour l’Europe. L’Iran attend beaucoup de la France sur ce point. Nous avons eu l’occasion d’évoquer cette question avec le Président du Parlement iranien, M. Laridjani. L’Iran a d’ailleurs salué les efforts de la France pour sauver l’accord de Vienne.

Au delà de l’aspect économique, l’Iran est une puissance régionale qui joue un rôle primordial en matière de sécurité particulièrement dans la lutte contre l’Etat islamique ou contre le traffic de drogue… L’Iran est également un pays de transit et de destination des migrants afghans.

Avec Mme Massoumeh Ebtekar, vice présidente chargée des droits des femmes et des affaires familiales.

Représentante du peuple français, je n’ai pas toujours les mêmes analyses que mes homologues iraniens. Nos pays ne sont pas toujours d’accord, n’ont pas toujours les mêmes points de vues, les mêmes intérêts, les mêmes valeurs, la même lecture de la crise actuelle. Mais une chose est sûre: notre ambition est la même: assurer dans la région une paix durable qui donnerait sa place à chacun. C’est pourquoi je crois au dialogue, entre nos peuples, entre leurs représentants, entre leurs dirigeants. En ne se parlant pas, on ne peut rien construire. La crise iranienne ne se règlera pas par la menace, la violence, la privation ou la défiance. Nos relations avec l’Iran méritent mieux que cela. Elles méritent de la finesse, de la compréhension réciproque, du dialogue. Les intérêts et les craintes de chacun doivent être entendus. C’est ma vision de la diplomatie et c’est avec cette vision que j’ai l’honneur d’aborder la présidence de ce groupe d’amitié entre la France et l’Iran.

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Danielle Rand

Je salue cette démarche qui a pour but le bien du peuple iranien et le notre cela va de soi.

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